Changement de stratégie

Publié le par Sen

Bon, j’ai abusé. C’est indéniable. Annoncer en grandes pompes une « saison 4 » début juillet et ne toujours pas pouvoir en lire la première ligne en septembre, c’est abuser.

Alors, changement de stratégie. Je me lance dans mon récit et basta !

Que s’est-t-il passé ces derniers mois? Lorsque je vous ai laissé, j’allais et venais, d’intérim en extras, au gré des opportunités et tout ceci me satisfaisait pleinement. J’accumulais de l’expérience, je découvrais différentes entreprises, différents types de restauration et le tout en travaillant de façon assez libre et en préservant ma vie privée et mes loisirs. Certes, je n’ai jamais atteint de salaire mirobolant en faisant ça (entre 1000 et 1200 € nets en moyenne), mais franchement, que croyez-vous ? Une fois embauchée comme commis en CDI, quasiment n’importe où, on est payé au SMIC, ce qui revient exactement au même, les contraintes en plus! Alors j’avais accepté cette espèce de deal entre précarité assumée et liberté préservée.

Je savais toutefois que je n’allais pas faire ça toute ma vie ! Ayant obtenu mon CAP de cuisine en juin 2007, je m’étais donné environ 1 an avant de chercher à me fixer réellement sur un  poste. C’est donc avec une légère appréhension que j’ai vu arriver le Printemps, mes 28 ans et la fin annoncée de ma douce période de travail insouciant. En effet, il arrive tout de même un moment dans la vie où avoir la garantie d’un poste fixe, c’est plus rassurant et ça aide à faire des projets. Ma situation d’intérimaire extra (haha) et libre me forçait en contrepartie à vivre au jour le jour. Et pour enfoncer le clou, ma situation personnelle me pressait d’autant plus à passer à l’étape suivante du job fixe : je me suis séparée de mon copain avec qui je vivais depuis presque 4 ans et allais devoir assumer financièrement mon quotidien dorénavant seule !

Alors j’ai fait quelques essais. La toute première tentative a frôlé le parfait désastre. Une amie, qui faisait des extras de temps en temps dans un restaurant de type brasserie, m’avait dit que la patronne cherchait à embaucher quelqu’un pour de bon. Mon amie lui a donc parlé de moi et en deux temps trois mouvements, me voilà embauchée. Sauf que d’emblée, ça partait mal. J’étais sur du mi-temps, et encore, partiellement déclaré, ce qui n’était pas sensé être prévu comme ça… Et oui, on y échappe difficilement dans la restauration, le travail non déclaré est très répandu. Moi, c’était ma première – et dernière - expérience de ce type. Je pensais pouvoir cumuler mon mi-temps avec d’autres extras, mais finalement les horaires étaient assez peu compatibles. L’hygiène et l’éthique de l’établissement laissaient beaucoup à désirer et lorsque je suis finalement partie (moins d’un mois après mon arrivée !) j’ai mis 1 mois et demi à récupérer le salaire que la patronne me devait, ce qui m’a valu quelques soucis financiers !

Ayant compris assez tôt que ce n’était pas dans ce restaurant que j’allais passer ma vie, j’ai continué à chercher d’autres opportunités quasiment aussitôt après avoir commencé à y travailler ! Et c’est d’une « vieille connaissance » que la sortie de secours m’a été offerte. En effet, c’est le Chef du Sofitel Vieux Port, qui m’avait déjà accueillie en stage puis de nombreuses fois en extra, qui m’a proposé un poste dans son équipe. Le poste, le voici : commis de cuisine du room-service de l’hôtel. Sur le papier, ce n’était pas loin d’être idéal : embauche en CDI dans l’un des établissements les plus prestigieux de la ville, auprès d’un Chef que j’apprécie et respecte, au sein d’un grand groupe hôtelier, avec tous les avantages que cela peut comporter…  
Cependant, cette aventure n’aura duré que 2 mois. En effet, le poste comportait d’emblée des désagréments, que j’avais choisi d’accepter, mais en a vite dévoilé d’autres (un peu trop à mon goût) que je ne me suis pas sentie capable d’assumer à long terme. Pour faire court, je travaillais par roulement sur 3 horaires différents, 11h-20h, 15h-minuit et 19h-4h du matin. Ce qui signifie que les 2 tiers du temps, je travaillais le soir. Sur les 2 mois que j’ai passés là bas, je n’ai été en repos qu’une seule fois le week-end et mes horaires décalés perturbaient également beaucoup mon rythme de vie au point de ne plus réussir à me lever avant 11h du matin minimum. Inutile de dire que je ne voyais plus non plus mes amis et que sortir ou même répéter avec mon groupe était devenu très compliqué. Enfin, l’emploi du temps, composé à la semaine par le Chef, ne permettait aucun projet personnel prévu à l’avance.
Autre désagrément découvert par la suite : j’ai été assez naïve pour croire que le travail de nuit était lucratif ! J’avais toujours entendu dire que la nuit, le taux horaire était majoré d’environ 25% minimum, selon les cas. Eh bien chez Accor, quand on travaille de nuit, on se voit gratifié de 65 centimes d’euros brut de plus sur son heure de travail. On peut donc quand on rentre chez soi après sa nuit de travail aller s’acheter un pain au chocolat avec ce qu’on a gagné ! Comme le salaire d’embauche d’un commis est au SMIC, je trouve que faire le sacrifice de ses soirées, de ces week-ends et de ces nuits et de sa vie sociale d’une manière générale pour moins de 1200 € nets, ça n’en vaut franchement pas la peine.
Ajoutant à ça un fonctionnement chaotique du room-service, plus ou moins considéré comme la 5ème roue du chariot et un travail globalement très éprouvant, j’ai finalement mis fin à cette expérience à la fin de ma période d’essai… avec, encore une fois, un autre poste assuré derrière !

J’ai été déçue de ne pas avoir trouvé ma place au Sofitel Vieux Port car c’est un établissement que j’ai toujours apprécié et malgré cet épisode, je suis tout de même restée en bon termes avec le Chef.

Alors quoi ? Qu’est-ce que j’ai fait après ça ? Eh bien, ce sera le sujet de mon prochain article. Qui arrivera très vite ! Hem… oui, enfin, dans moins d’un mois… au mieux… j’espère ! ;-)))


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Pauline 16/12/2008 15:38

Bonjour,Je suis tombée sur ton blog par hasard hier en fin d'aprem, et j'ai tout lu d'une traite (ce qui m'a pris quelques heures XD), car je suis moi-même en pleine recherche pour pouvoir avoir une formation en cuisine suite à mon BEP en architecture, mon BAC STT et mon BTS en tourisme, et je dois dire que ton expérience m'a beaucoupe aidée.Je pensais contacter le greta de mon département qui dispense le CAP cuisine, mais à ce que tu dis ce n'est pas de l'alternance, donc il n'y a pas de rémunération, ce qui ne me convient pas.Je vais donc contacter des campus de métiers et de l'artisanat, pour voir ce qui pourrait me convenir, sachant que je suis prête à faire le CAP en 2ans, mais par alternance, puisque j'ai encore 21ans.Mais ce qui m'interesserait le plus c'est de trouver une entreprise en CONTRAT DE PROFESSIONNALISATION, afin d'obtenir un CQP. Tu parles de cette possibilité au début de tes recherches, lorsque tu as appris que ta formation au greta ne te serait peut-être pas financée. Et je voudrais donc savoir pourquoi tu n'as pas continuer dans cette voie de contrat de professionnalisation?Merci beaucoup pour ta réponse. Bravo pour ton parcours et ton courage. Et je me demande bien quel est ton poste dorénavant! Quel suspence.A bientôt.

gregory 18/11/2008 13:51

Félicitations pour ton blog,c'est courageux de se reconvertir surtout en France ou on aime particuliérement les personnes qui ont des parcours linéaires.Je te contacter pour te donner mon point de vue sur ce métier que j'ai quitter....Je vois 2 solutions pour sans sortir dans ce domaine  _Créer son entreprise(stress,pression,poignon....si tout va bien)_Passe un concours,rentre dans la fonction publique, tu prends des galons (vu ton niveau d'études ...). Les personnes que je connais qui ont réussient son passionné et vive pour leur travail..Es tu  prés à faire ces sacrifices

L 11/11/2008 18:42

Passionant ! J'ai découvert votre blog au hasard de mes recherches et je le trouve vraiment très instructif et la lecture est agréable ! Bonne continuation (le blog, le métier...)

EDY 28/10/2008 15:31

salut,je voulais te dire que ton blog est super.je suis un peu dans la meme situation que toi, j'etais amulanciere pendant 4ans sur montpellier et j'ai  tout arreté pour faire un cap cuisine avec l infa en 2008 je l ai eu puis j ai fait la saison au grau du roi dans un camping avec un bon salaire 2000e mais bien sur pas tout déclaré. DEPUIS JE CHERCHE UN EMPLOIS en cdd car je tiens a garder mes droits au chomage.je voulais te demander des conseils sur les agences d interim si tu gardes tes droits et a quelle type d agence a tu fais afaire....Et maintenant tu en ais ou?.BRAVO ENCORE POUR TON SITE C SUPER; merci.

France GIROUD 24/10/2008 15:22

Bonjour,J'ai découvert cet été votre blog via France5 & je l'ai lu attentivement du 1er article à aujourd'hui. Pour 2 raisons : d'une part, il est très bien écrit & très instructif sur les joies & difficultés d'une reconversion ; d'autre part, comme j'accompagne des personnes dans le cadre de bilans de compétences, j'ai envie de leur conseiller de le lire pour prendre conscience des enjeux d'une reconversion.Bonne continuation & au plaisir de vous lire de nouveau.France GIROUD