Morceaux de pensées...
En apparence, je vais bien. Je vais mieux en tout cas. Je fais ce qui me semble bien pour que ma vie aille concrètement bien.
Mais ce qui est cassé au fond de moi, je n’arrive toujours pas à le réparer.
Je me sens souvent seule, désemparée et tellement persuadée que le plus beau de ma vie est derrière moi. J’ai du mal à assumer ce qui m’arrive. J’ai du mal à assumer la vie que j’ai maintenant.
A partir de 25, 26 ans, un sentiment plutôt nouveau s’est insinué sournoisement dans ma vie : l’échec. Il y a un avant et un après. Avant, c’était quand je n’avais peur de rien, quand je vivais légère et pleine d’enthousiasme. Quand je réussissais immanquablement tout ce que j’entreprenais : mes projets, mes études… Tout ce que je voulais, je l’obtenais et c’était devenu normal : il me suffisait de faire ce qu’il fallait pour. Tout était possible.
En fait, pour caricaturer et être plus claire : dès que je suis sortie de l’école, ma vie s’est transformée en cauchemar. Plus rien n’était comme je le voulais, les règles avaient changé, je n’arrivais plus à obtenir ce que je désirais, même en m’en donnant les moyens, en travaillant, en m’investissant… Tout s’est mis à m’échapper.
Quelle idiote ! J’ai cru pendant des années que la vie d’après l’école était la simple continuité de la précédente. Mais j’ai tout faux. J’étais « bonne » à l’école, je suis nulle dans la vie. Je n’ai pas réussi à exercer le métier que je désirais et c’est même pire : il n’existe pas !!! Le métier que je croyais vouloir exercer toute ma vie n’existait que dans mes rêves.
Alors j’ai pris une décision. Depuis, je suis acclamée par tous pour mon courage, ma volonté, ma force, ma détermination… Foutaises ! La vérité, c’est que je n’ai toujours pas réussi à avaler mon échec et que je ne sais pas si j’y arriverai un jour. Une part de moi ne peut toujours pas admettre que la seule récompense que j’ai obtenue de plusieurs années d’apprentissage, de persévérance, de passion aussi n’aient reçu en retour que ce seul constat : adapte-toi ou meurs.
« C’est la vie », il parait. Beau réconfort. Alors sûrement ai-je ouvert réellement les yeux sur le monde dans lequel je vis un peu tard… ou au contraire, encore trop tôt. Quand je ne savais pas, j’étais tellement plus heureuse…
Si seulement je savais où je vais, où je vais vraiment… Par moment, je crois savoir, à d’autres, je me sens complètement perdue.
C’est sans doute le post le plus personnel que j’ai jamais édité. Je ne l’ai même pas écrit pour ça, à la base. C ’était juste pour moi, pour le faire exister ailleurs que dans ma tête.
Et puis finalement, je me suis dit qu’il faisait aussi partie de mon histoire et que si je ne parlais pas de mes sentiments, alors je trichais… que ce soit pour rassurer les autres, ou pour me rassurer moi. Mais ça n’a pas été facile pour autant de décider de le publier…