Episode 2.02 : Pré rentrée
Hier matin, c’était ma pré-rentrée ! Une réunion était programmée à 10h, avec tous les stagiaires de la formation. Oui , parce que après avoir longuement hésité et réfléchi, j’ai finalement compris que nous ne sommes ni élèves, ni étudiants, ni lycéens ni quoique ce soit d’autre, nous sommes « stagiaires de la formation continue ». Voilà qui résout un problème existentiel, je sais maintenant précisément ce que je suis, c’est plus pratique pour l’expliquer aux autres !
Je suis arrivée (un peu) en avance au lycée (Hem, 9h30 pour 10h… il faut dire qu’avec les bus marseillais, il vaut toujours mieux compter large !). Je me suis donc occupée en me promenant dans les couloirs. Finalement, d’autres stagiaires finissent par arriver aussi et nous prenons un premier contact. En fait, il y a deux réunions. Dans la salle devant laquelle nous attendons, la pré-rentrée des stagiaires en pâtisserie se termine. Je rencontre d’ailleurs à la sortie Cigale , fidèle lectrice de mes aventures ( !!), que je suis très heureuse de voir enfin « en vrai » ! Malheureusement nous n’avons pas beaucoup de temps pour discuter, son groupe est entraîné dans le couloir par un professeur et déjà mon groupe doit rentrer dans la salle. Ce n’est que partie remise, j’espère que nous aurons certains cours en commun !!
Voilà donc notre groupe, une douzaine de personnes, qui s'installent dans la salle. Tout le monde s’observe plus ou moins bien sûr. Certains se sont déjà rencontrés auparavant, d’autres ne se sont encore jamais vus. Je suis surprise de constater que le groupe respecte plutôt bien la parité hommes/femmes ! 7 femmes et 5 hommes apparemment, c’est même complètement l’inverse de la réalité de la profession où les femmes se font encore très rares.
Je reconnais la jeune fille qui passait son entretien juste avant moi en juillet. Je suis contente de la retrouver, j’apprends même un peu plus tard que nous sommes presque voisines ! Elle fait partie des plus jeunes de la « promo », elle a 24/25 ans ! Et oui : surprise ! Les jeunes de moins de 25 ans sans qualifications sont les grands absents de cette formation où la moyenne d’âge semble plutôt se situer quelque part entre 30 et 40 ans ! Même moi j’ai l’impression d’être dans les plus jeunes, ce qui ne semblait pourtant pas si évident au départ. Quant à la question des qualifications, seules 2 ou 3 personnes dans le groupe suivront les cours généraux, obligatoires pour les stagiaires ne justifiant pas d’un niveau baccalauréat. Vous constaterez que c’est loin d’être la majorité de la classe.
Le groupe semble en effet très hétéroclite et je vais vraiment de surprise en surprise. Tout le monde a un parcours différent, un contexte différent, un projet différent… De belles richesses en perspective ! Quelqu’un a été hôtesse de l’air pendant plus de 10 ans, quelqu’un est intermittent du spectacle et projette d’ouvrir un restaurant-concert, quelqu’un veut obtenir le diplôme qu’il n’a jamais eu pour progresser dans le métier qu’il exerce déjà… et ceci n’est qu’un maigre aperçu des horizons de chacun, vu que je n’ai pas encore eu l’opportunité de discuter avec tout le monde !
Je découvre également que beaucoup, si ce n’est tous, ont souffert et ont bataillé pour intégrer cette formation ! Moi qui croyais les bénéficiaires du FONGECIF loin des problèmes que j’ai pu rencontrer, j’ai été détrompée ! Une loi passée depuis le 1er janvier 2006 (décidément, c’était la fête à la formation cette année !) aurait fait baisser la prise en charge de la formation par le FONGECIF de 100 % à 30 % ! Je n’ai pas encore saisi tous les détails, mais cela représente pour certains candidats une énorme difficulté financière dans leur projet. Je suis vraiment atterrée… Comment peut-on publiquement et officiellement encourager « la formation tout au long de la vie » et couper toutes les ressources financières pour y parvenir par derrière ?
Enfin, la réunion s’est déroulée, nous avons reçu nos emplois du temps, entendu et noté nombres d’informations et conseils sur la vie au lycée, les détails pratiques d’organisation des cours, des repas, etc… Finalement la rentrée sera Mardi 3 octobre. Oui, parce que notre professeur de cuisine qui devait nous faire un TP le lundi est actuellement… en Chine ! Je cumule environ 25h de cours et l’emploi du temps n’est pas si mal. Les journées sont chargées lorsque nous avons des Travaux Pratiques, car cela représente environ 6h d’une seule traite et nous participerons même à des services, auprès de vrais clients qui viennent déjeuner au lycée hôtelier. En dehors des TP, quelques cours de Technologie Professionnelle, de Vie Sociale et Professionnelle ou encore d’Eco/Droit dont j’aurais sûrement l’occasion de reparler plus en détail plus tard. Le mercredi après-midi et toute la journée de jeudi sont libres pour l’instant. Quant à notre premier stage, il débutera dès la fin du mois d’octobre et probablement en restauration collective !
L’après-midi, je suis enfin allée acheter ma tenue professionnelle. Bon, alors ce n’est pas exactement ce que j’espérais… Je suis allée dans un magasin réputé pour ses prix accessibles, mais manifestement la contrepartie est indéniablement le manque de choix ! Moi qui voulais une veste blanche cintrée modèle femme, un pantalon noir et des chaussures de sécurité (rien n’est plus laid !) noires également, je me suis retrouvée avec une veste blanche, certes, mais unisexe et sans forme particulière, un de ces pantalons à petit vichy bleu et blanc, et des chaussures de sécurité… blanches également et qui font 3 fois la taille des jolis escarpins mentionnés dans l’article précédent. Tout ce que j’aurais voulu éviter… Dieu merci, le pantalon est miraculeusement assez long pour moi tout en n’étant pas trop large, c’est déjà ça. Ce n’est pas parce qu’on devient cuisinier que l’on doit renoncer pour autant à avoir un minimum de goût ! Mais bon, le tout – une veste, un pantalon, des chaussures, un tablier, une charlotte et deux torchons – ne m’a pas coûté trop cher, alors tant pis pour le style, ça attendra un peu !! Lundi, il faudra que j’aille au lycée pour commander cette fois ma mallette à couteaux, qui elle, devrait gentiment atteindre les 200 à 250 € ! Mais les couteaux, c’est un investissement et il vaut mieux prendre de la qualité tout de suite, sous peine de devoir débourser beaucoup plus à l’arrivée en rachetant tout ses couteaux plus tard !
Enfin, voilà. Tout commence, enfin. Vivement mardi !!