Episode 1 : A la recherche de mon premier "vrai" emploi
Nous sommes à l’automne 2003. Je viens d’obtenir ma maîtrise que j’ai soutenue en septembre. J’ai enfin terminé mes études, je suis contente, fière, je goûte une victoire que j’estime méritée. J’ai travaillé pendant 5 ans après mon baccalauréat Littéraire pour arriver à ce point : je suis titulaire d’une Maîtrise Métiers des Arts et de la Culture et j’ai même été gratifiée du titre d’ingénieur maître décerné aux meilleurs de la promo. Alors maintenant je dois trouver du travail. Je suis confiante mais j’ai quand même peur. Ma valeur dans l’absolu je n’en doute pas, mais ma valeur sur le marché du travail ? Ma valeur par rapport aux autres ? Etre bonne ne suffira pas à trouver du travail, il faudra que je sois la meilleure sur une des offres auxquelles j’aurais postulé. Et à quoi postuler quand on sort de l’école ? Malgré mes 8 mois de stages, les employeurs rechignent à prendre des débutants, ils préfèrent ceux qui ont déjà de l’expérience, qui seront opérationnels et autonomes plus vite.
Après un été de canicule (et je ne fais pas de mauvais jeu de mot en rapport avec un feuilleton ridicule qui aurait pu être diffusé sur une grande chaîne de télévision française…) le temps commence à décliner, les brouillards, le froid reprennent peu à peu le dessus. Fin septembre, lassée d’avoir à habiter de nouveau chez mes parents que j’avais quittés depuis déjà 5 ans, je vis plus ou moins chez mon copain. Nous partageons 20 m² dans lesquels j’ai installé mon meilleur ami du moment : mon ordinateur portable.
Mes journées sont réglées comme du papier à musique. Lever avant 9h, puis consultation des offres d’emploi du jour sur divers sites web susceptibles d’en proposer, préalablement enregistrés dans ma liste de favoris. Prospection également des structures où je pourrais proposer une candidature spontanée. A la fin de la matinée, de deux choses l’une : ou bien j’ai trouvé au moins une offre à laquelle postuler et je passe une bonne partie de la journée à rebidouiller mon CV et à rédiger une lettre de motivation, ou bien je n’ai rien trouvé et je me dis que c’est encore une journée de perdue et qu’il va falloir attendre le lendemain en espérant avoir plus de chance. Ensuite, je passe un coup de fil chez mes parents pour savoir si j’ai reçu du courrier, parce que sur mes candidatures c’est l’adresse de mes parents qui figure. Mais 9 fois sur 10, rien.
J’ai commencé à travailler en décembre 2003, dans une collectivité locale rurale regroupant 3 communautés de communes, dans une région au nord de la France. C’était un poste de développement culturel en emploi-jeune. Il est certain que je ne suis pas prête de l’oublier ce premier boulot, mais pas pour les raisons que l’on pourrait croire…