Episode 8 : Chômage, le retour!

Publié le par Sen

Une nouvelle ville à découvrir, un réseau à prospecter et heureusement un accompagnement personnalisé à la recherche d’emploi qui a été un indéniable soutien, technique mais aussi psychologique.

Et voilà ! Nous sommes à l’automne 2005 et j’habite maintenant une grande ville du sud de la France ! Quel changement radical avec ma campagne nordique ! Mais comme je l’ai souvent dit à l’époque, j’ai quitté un enfer pour un autre : soulagée d’avoir enfin échappé à ce boulot qui me pesait de plus en plus, je suis maintenant à l’autre bout de la France, dans une ville que je dois apprendre à connaître, seule durant toute la journée, au chômage. A l’automne 2003, ce n’était pas vraiment du chômage, je venais de finir mes études et je cherchais mon premier emploi. Aujourd’hui je suis indemnisée par les ASSEDIC, je pointe tous les mois et tout… Et j’ai obtenu de l’ANPE de participer à un accompagnement dans ma recherche d’emploi, chose utile dans la mesure où je dois me familiariser avec un nouveau marché de l’emploi et un nouveau tissu culturel dans lequel je n’ai aucun réseau.

C’est ainsi que pendant 3 mois, de septembre à décembre, j’ai été suivie par un conseiller attitré dans ma recherche d’emploi. Après avoir fait un rapide bilan de mon parcours et revu mon CV, j’ai assez vite discuté transfert de compétences avec lui. En effet, on ne pouvait pas vraiment dire que ma première expérience ait été merveilleusement épanouissante et j’avais entre-temps pris la pleine mesure de la précarité et du manque de moyens du secteur culturel. Fatiguée de ce constat, je n’ai donc eu aucun mal à envisager l’hypothèse du transfert de mes compétences vers un autre secteur d’activité où les aptitudes que je possède déjà pourraient intéresser des employeurs. J’ai alors travaillé sur moi-même et sur mes compétences afin de dégager des axes, des points forts, des choses concrètes à « vendre » auprès des employeurs. Parallèlement, je continuais à prospecter le secteur culturel et à répondre aux offres. Mon conseiller m’incitait à beaucoup utiliser les candidatures spontanées afin de me positionner sur le « marché caché », le marché ouvert n’étant sensé couvrir qu’environ 30 % des postes à pourvoir. Sauf que ceux qui croient que le marché caché dans le secteur culturel signifie envoyer de jolis lettres et CV bien à-propos à des structures dont ils ne sont pas connus se trompent à mon avis lourdement. Dans ce secteur plus que dans tout autre, « marché caché » signifie surtout « piston ». Ecrire à l’aveuglette sans avoir un réseau derrière ne sert à rien. En tout cas pour moi, ça n’a JAMAIS marché, et ce n’est pas faute d’avoir essayé.

Et durant ces 3 mois se sont succédé de nombreuses tentatives, souvent peu fructueuses, mais toutes pleines d’enseignement. Prenons 3 cas particuliers.

Premier cas : quand on est au chômage, on s’ennuie. Les journées sont longues, on se sent horriblement inutile et on n’a rien de positif à raconter dans les repas de famille. De ce constat je tire la règle suivante : le chômeur a besoin d’occuper ses journées, intelligemment et utilement. Mon réflexe a donc été d’aller voir les agences d’Intérim afin de cumuler quelques petits boulots, me faire un peu d’argent, montrer ma bonne volonté aux ASSEDIC et à l’ANPE et pourquoi pas lier quelques contacts professionnels qui pourraient m’être utiles par la suite. Résultat  : nul. Je vous le donne Emile, on m’a renvoyé mon CV en pleine figure : je suis inclassable, je ne rentre pas dans les cases (ça dépend, ça dépasse comme dirait l’autre), on n’a strictement rien à me proposer. Intéressant, étant donné que j’avais déjà précédemment exercé les fonctions de secrétaire ou de conseillère commerciale en Intérim. Mais voilà, dans les grandes villes, où le chômage fait rage, des tas de « vraies » secrétaires ou autres « conseillers commerciaux » diplômés et expérimentés sont déjà inscrits dans les mêmes agences. C’est donc peine perdue… Sauf bien sur si on connaît quelqu’un qui connaît quelqu’un, mais comme ce n’est pas mon cas, on oublie ! Bon, et bien je vais trouver autre chose !

Deuxième cas : Suivant les conseils avisés de mon conseiller emploi, je cherche donc à transférer mes compétences et prospecte auprès de grandes entreprises locales, pourvoyeuses d’emplois. Par chance, j’en trouve une, très grosse même, qui recherche quelqu’un sur un poste de communication à tendance culturelle. Je n’en crois pas mes yeux et me rue sur mon clavier afin de rédiger une lettre de motivation en bonne et due forme. Je vais même la déposer moi-même au siège de la société et en profite pour me faire une idée de la boite. Alléchant. Intégrer une grosse société privée sur un poste plutôt bien relié à mes compétences, en CDI et avec un salaire digne de ce nom… Wouah. Je me surprends même à y croire. Et le pire, c’est que je n’ai pas tort ! Après une relance de ma candidature, je suis contactée par la DRH…. Un soir de semaine à près de 20h pour un premier entretien surprise on-line, comme ça, direct. Je n’étais pas au courant, mais apparemment c’est une pratique de plus en plus en vogue de cueillir les gens au moment où ils s’y attendent le moins, histoire qu’ils n’aient rien préparé. Sélection naturelle. Les plus aguerris passent, les autres pas. J’ai malheureusement fait partie des autres. L’entretien avait plutôt bien débuté, la personne de la DRH que j’avais au bout du fil retraçait mon parcours mon CV sous les yeux et me faisait développer certains points. Et puis à un moment, elle me demande de continuer l’entretien en anglais. En effet, la pratique de la langue est nécessaire car dans ce poste j’aurais souvent eu affaire à des clients ou partenaires étrangers. Sur le papier, point de problème, j’ai passé le TOEIC (certification en anglais) en 2003 avec un bon score. Sauf que dans la pratique, ça faisait un moment que je n’avais pas articulé une phrase en anglais. Et là j’ai paniqué. Sa question, qui portait sur une de mes expériences, je l’ai très bien comprise, je savais quoi répondre mais rien d’autre n’est venu qu’un misérable « I’ve been… » suivi d’un long silence, ponctué d’un « I’m sorry ». Pitoyable. Je m’en voulais tellement. Si seulement j’avais eu le temps de me préparer un peu. Je me doutais bien que j’aurais ce type de test à l’entretien, j’aurais « révisé » sachant l’entretien proche, mais là c’était la surprise complète. La personne a pourtant été sympa, elle a conclu l’entretien en me proposant de me rappeler plus tard dans la semaine pour un autre essai. C’était inespéré, j’ai bien entendu accepté. Sauf que les jours suivants j’ai passé mes journées vissée sur une chaise à côté du téléphone en révisant mon CV et mon parcours en anglais mais que personne n’a jamais rappelé… J’avais raté ma chance, elle était unique. Bon, et bien je vais trouver autre chose !

Troisième cas : Quand on est au chômage et de surcroît plein de doutes sur sa voie professionnelle, on se met à envisager des solutions qu’on excluait avec énergie auparavant. Il y a en effet quelques temps, j’aurais ri au nez de celui qui m’aurait parlé de retourner « à l’école », autrement dit de refaire une formation, plus ou moins éloignée de mon secteur d’origine, afin de retrouver plus facilement un emploi. J’estimais que 5 ans après le Bac, c’était déjà amplement suffisant, surtout vu le résultat, et que j’étais déjà parfaitement capable d’exercer des tas de fonctions avec les compétences et aptitudes que je possédais déjà. Sauf que sur un CV, les compétences et aptitudes si elles ne sont pas accompagnées du diplôme approprié et/ou d’une solide expérience dans ledit secteur, ça ne vaut pas grand-chose. La France est assez réputé pour son cloisonnement entre les secteurs et son attachement aux diplômes au détriment des aptitudes. Alors, petit à petit, l’idée a fait son chemin et j’ai envisagé la possibilité d’un complément de formation. Après tout, je n’avais QUE une maîtrise, je pouvais très bien rajouter à mon tableau de chasse un joli DESS ou Master 2. La communication, domaine dans lequel j’avais déjà quelques compétences et un bon intérêt avait retenu mon attention. Quelles étaient les solutions qui s’offraient à moi matériellement ? J’avais travaillé 24 mois dans les 5 dernières années donc je pouvais normalement prétendre au FONGECIF pour financer mon retour en formation dans le cadre d’un Congé Individuel de Formation. Alléluia ! Quelle bonne idée ! J’ai déchanté dès que j’ai appelé le FONGECIF. Ayant été contractuelle en emploi jeune dans une collectivité locale, donc avec des fonctionnaires pour qui l’organisme de formation est le CNFPT (Centre National de la Fonction Publique Territoriale ), mon employeur n’a cotisé auprès d’aucune caisse de formation pour moi. J’avais donc 21 mois de foutus sur 24. Après avoir versé quelques larmes de rage et de désespoir, j’ai fini par abandonner cette idée. Repartir en formation sur une année complète avec juste les ASSEDIC pour vivre n’est pas envisageable, surtout qu’on est déjà en décembre, ce qui signifie attendre l’année scolaire suivante pour me lancer. Bon, et bien je vais trouver autre chose !

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Celine 29/06/2006 18:35

oooooooooh un bon score au TOEIC? il me semble que t'avais juste la moyenne exigee par l'iup nan? mmmh? mmmmenfin comme dirait l'autre ils t'ont effectivement bien prise par surprise les salauds...

Sen 29/06/2006 19:04

Fait pas la maline parce que t'as fait mieux, miss! Je pense que 755 pts c'est plutôt honorable et ça correspond à "opérationnel de base" et c'est au-dessus de ce qu'exigeait l'IUP! ;-)))))) Ca n'est pas un super score, juste un "bon score"!!