Vis ma vie de... cosmonaute??

Publié le par Sen

Allez, en ce moment, c’est la fête à l’article de blog ! En même temps, il se passe un peu des choses, alors autant les raconter, puisque ce blog est fait pour ça !

Je vous parlais dans mon précédent article de ma lassitude par rapport à l’un des deux restos où j’ai l’habitude de travailler en extra depuis quelques mois maintenant. M’étant inscrite en intérim début janvier, j’ai ENFIN commencé à travailler avec eux cette semaine, où je n’avais pas d’extras de prévu. Je me doutais bien que ça allait me changer, mais en même temps, j’aime le changement et les nouvelles découvertes, donc…

…donc j’avais rendez-vous cette semaine à 8h dans une cuisine centrale de Marseille. Pas exactement n’importe laquelle, mais LA cuisine centrale qui prépare les 17 000 repas pour les enfants des écoles municipales de Marseille. Gros dépaysement, rien à voir avec le gastronomique, ou même avec la restauration commerciale traditionnelle. Autant être clair : ça ressemble plus à une usine qu’à une cuisine ! J’avais vraiment l’impression d’être employée dans une centrale nucléaire ou quelque chose comme ça !
Allez, je vous raconte mon arrivée par le menu, car ça vaut le jus ! Je suis venue avec ma propre tenue, mais « INUTILE ! », me coupe-t-on immédiatement. La tenue complète est fournie, de la veste au pantalon en passant par les bottes en caoutchouc. Tout est blanc, immaculé. Juste le logo discret de l’entreprise sur la veste fait presque tache ! Pour circuler dans les locaux extérieurs à la cuisine, je dois également porter une grande blouse par-dessus ma veste de cuisine, qui doit restée protégée… euh, de tout contact avec l’extérieur, car l’extérieur est sale ! Une fois aux portes de la cuisine, attirail supplémentaire : je cache mes cheveux sous une charlotte en espèce de filet toile d’araignée, je mets un masque en papier sur le nez et la bouche et je passe mes pieds dans une machine qui va laver mes bottes ! Et enfin, une fois à l’intérieur de la cuisine, je complète ma tenue de cosmonaute par un tablier en plastique, des manchons en plastiques jusqu’au coudes et des gants en caoutchouc, que je change régulièrement, tout comme les masques de visage. Je pense que tout ce qui dépasse de ma personne doit se résumer à mon cou et mes yeux !

Toutefois, passé le côté usine aseptisée, cette mission est vraiment intéressante car je suis affectée à un service bien particulier, celui de la préparation et du conditionnement des repas des enfants à régimes particuliers, c'est-à-dire allergiques, diabétiques, en surpoids… Je ne dis pas que je passerai ma vie à faire ça, mais en tout cas un peu de changement et la découverte d’un nouveau type de restauration ne sont pas pour me déplaire. Il s’agit d’un travail tout particulièrement délicat car il faut être extrêmement méticuleux et rigoureux dans la préparation des repas car la moindre erreur pourrait causer de gros problèmes à l’enfant qui en fait les frais… voire même pire ! Nous sommes deux dans ce service, et préparons entre 100 et 130 repas à régimes spéciaux par jour, selon le nombre d’enfants inscrits dans les cantines. Nous travaillons également en étroite collaboration avec une diététicienne qui élabore les menus et assure un contact régulier avec les écoles et les médecins des enfants concernés.

Quand je dis qu’il faut être très attentif et consciencieux, je n’exagère pas. Lorsque par exemple nous préparons des pâtes, il ne faut surtout pas les saler. Car quelques barquettes sont réservées aux régimes sans sel. Seulement une fois ces barquettes faites, nous pouvons rajouter du sel pour les autres enfants. Et une fois que les repas ont été cuisinés et mis en barquettes, il est également de notre ressort de les conditionner. Bon, là, c’est une partie charmante du travail, qui consiste à passer entre 1h30 et 2h dans une chambre froide à 3°C (rassurez-vous, je suis équipée comme pour aller au ski, avec gants, bonnet et doudoune !) et nous devons mettre dans de petits cartons les différents éléments des repas de chacun en fonction d’une petite fiche individualisée. Et là, il faut vraiment être concentré, car pas question de mettre un fromage dans le carton d’un enfant allergique au lait ! Une fois la centaine de cartons prêts, le Chef les vérifie, puis ils partiront dans les camions, par tournée, qui les distribueront dans les écoles.

Ce qui est également frappant, c’est la masse de paperasse administrative de ce service ! Pour des raisons de traçabilité ou d’hygiène, de lourdes procédures doivent être suivies et elles obligent à remplir de nombreux documents qui doivent ensuite être rangés dans d’énormes classeurs. Assez inhabituel de passer autant de temps à remplir des papiers dans une cuisine…

J’y ai donc passé 2 jours cette semaine et ma mission est reconduite la semaine prochaine. Une expérience de plus pour moi, c’est toujours bon à prendre !

Commenter cet article

Emmanuelle 23/02/2008 21:31

Salut Sen !
Quel plaisir de lire tes commentaires pertinents et toujours souriants !
Continue !
J'ai suivi ta trace : depuis octobre dernier, j'ai commencé un cap de cuisine... En ce moment, j'effectue un deuxième stage... et je me régale ! Pourquoi je n'ai pas fait ça plus tôt ?

sab 23/02/2008 14:46

Les voyages forment la jeunesse!!!Bises