Mon expérience dans la restauration rapide, part 3 : Hypocrisie quand tu nous tiens !

Publié le par Sen

rest rapide - sandwichLa suite de mon expérience dans la restauration rapide. La partie la moins drôle et la plus pénible aussi. mais chacun sait que ça ne durera pas, puisqu'on connait déjà la fin : je suis aujourd'hui sortie de ce bourbier et travaille à me construire un "après" bien plus serein!


C’était il y a 5 mois, en février. Un genre de convocation surprise, le jour même, sans ordre du jour de la part de la direction. "Ha tiens au fait, monsieur Leboss voudrait te voir tout à l'heure". Comme un cheveu sur la soupe et sur l'air de "rien d'important". Ce n’est pas très poli et ça ne me laisse aucune chance de préparer une quelconque défense.

 

Et là ce qui se passe est fantastique : ces gens que je vois presque tous les jours, qui me font de jolis sourires, ne me font jamais une seule remarque désobligeante depuis des mois viennent m’expliquer que les résultats du restaurant sont mauvais et que la seule explication qu’ils voient, c’est que le manager – moi - est mauvais ! (Ben tiens ! Qui veut noyer son chien l’accuse de rage, il parait !) Je vous passe les détails. Personne n’est parfait et tout travail est perfectible, j’en suis tout à fait consciente, mais il y a d’une part une façon de dire les choses et d’autre part, venir me coller l’entière responsabilité des mauvais résultats sur le dos, c’est un peu fort de café quand on voit comment est gérée l’entreprise au quotidien ! Fidèle à mes (mauvaises) habitudes, je ne m’énerve pas mais je me défends mal. En même temps, comme je vous l’ai dit, quand on ne sait pas ce qu’on va vous sortir, il est plus difficile d’improviser les arguments de défense. En sortant de cet entretien, j’étais effondrée. Tout y était ! C’était à vomir.

 

Quelques temps auparavant, j’avais eu une altercation avec une équipière assez difficile à gérer. J’en avais référé à ma supérieure et sur le coup de l’émotion, déçue d’en être arrivée au conflit, j’ai dit au milieu d’autres phrases « …peut-être que je ne suis pas un bon manager, mais… ». Et lors de l’entretien de février, qu’est-ce que la direction me sort ? « J’ai entendu que vous aviez émis des doutes quant à votre capacité à être manager ? » Si j’avais pu vomir au milieu de la table je l’aurais fait. J’étais écœurée. J’ai tourné la tête vers la supérieure en question, qui était présente : elle fixait courageusement sa feuille sur la table.

Ne JAMAIS parler sous le coup l’émotion, ne JAMAIS se confier à qui que ce soit, ne JAMAIS avoir aucune émotion d’aucune sorte ! Vous n’êtes pas au courant ? Vous êtes une machine à produire des richesses, certainement pas un être humain.

 

Dans ma tête, c’était terminé ; Je n’avais plus rien à faire avec ces gens. Très peu de temps après, je suis tombée malade. Grosse crève, pas grave, mais bien assommant. C’était de saison et quand on vient en plus de se prendre un coup de massue pareil sur la tête, on est quelque peu affaibli. J’étais allée travailler, mais je suis rentrée dans la journée pour aller voir mon médecin. Ce que j’ai bien entendu fait en prévenant préalablement ma supérieure. J’ai été arrêtée quelques jours. Devinez alors ce qui s’est passé ? J’ai reçu un courrier en recommandé de mon employeur qui retraçait les grandes lignes du bel entretien des jours précédents et insinuait qu’il était irresponsable de ma part de quitter mon poste pour aller chez mon médecin et que ma maladie sonnait faux. FAN-TAS-TI-QUE ! J’adore.

 

C’est à partir de ce moment là que je devenue experte en longs mails et courriers. La dirigeante, son truc c’est les discours embobinés à l’oral, moi mon terrain de sport favori, c’est l’écrit et là je suis meilleure qu’elle. Et puis les écrits, ça reste. On ne sait jamais, ça peut servir…

 

Pour moi, la vérité la voici : après avoir ouvert plein de restaurants, engagé énormément de dépenses et supportant de lourdes charges chaque mois, les bénéfices n’étaient pas suffisants pour couvrir tout. Alors, pris à la gorge, il fallait des responsables et des solutions. Et depuis quelques mois, à compter le nombre de démissions et de licenciements, on comprenait où ils voulaient en venir.

 

A suivre… !

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