Mon expérience dans la restauration rapide, part 2 : combines, magouilles et micmacs à tire-larigot

Publié le par Sen

rest rapide - sandwichLa suite du récit de ma dernière expérience dans la restauration. Voir l’épisode précédent ici.

 

Juste avant de commencer, j’avais eu un petit entretien avec la dirigeante. J’ai été embauchée sous l’appellation « responsable des ventes ». En dehors de ce poste, il y avait les équipiers, payés au SMIC. Outre les aspects pratiques du poste, nous avions évidemment parlé rémunération. Le salaire proposé au départ était de 1550€ brut. C’était entendu. Mais cela impliquait une clause un peu particulière : ce salaire était un peu plus élevé que le salaire normal d’un responsable et en contrepartie je devrais travailler 40h par semaine au lieu de 35. Sachant que sur mon contrat de travail et sur mes fiches de paie ils n’en apparaissaient que 35, bien entendu ! Ce « régime spécial » se justifiait par un surcroît de travail sur le restaurant où j’étais embauchée, surcroît que la direction « ne pouvait pas se permettre » de payer en heures supplémentaires chaque semaine.

Cependant, une augmentation de mon salaire était d’ores et déjà prévue pour 5 mois après mon arrivée. Je passerai alors à 1650€ brut. Soit. Je n’ai rien dit. Je venais d’un endroit où je gagnais moins que ça pour travailler le soir ou la nuit, alors… 40h au lieu de 35, la belle affaire ! Et puis il y avait cette augmentation en perspective.

 

Je sais : je suis stupide !!! Cela fera encore une chose que j’aurais apprise !

 

Mais si ça s’arrêtait là, ce serait encore beau ! Non, arrivée 5 mois plus tard, la belle augmentation qu’on m’avait promise (oralement, of course !) n’est jamais arrivée. On en a discuté. On m’a répondu que l’entreprise ne pouvait pas se le permettre, du moins pas tout de suite. Ca n’avait aucun rapport avec la qualité de mon travail, non, c’était uniquement financier. Il faut dire qu’entre temps la fameuse (fumeuse ?) crise économique était passée par là. J’ai alors été TRES compréhensive. Je n’ai pas râlé, j’ai continué mon travail exactement comme avant. Puis vint le délicieux moment où par la bourde d’une autre responsable, j’ai compris que j’étais payée exactement au même tarif que ceux qui faisaient 35h effectives et pas 40.

 

C’est pas possible. Je dois avoir une tête de pigeon.

 

Devinez ce que j’ai fait ? Je n’ai rien dit. Je me suis dit que tout se paierait, en temps et en heure. A cette époque j’ai commencé à regarder ailleurs la couleur de l’herbe. Elle avait l’air plus verte, mais elle avait l’air aussi bien loin. J’ai bien fait quelques tentatives, mais je n’ai pas réussi à m’en aller. C’était il y a un an. Entre-temps, on a fini par remplacer mon appellation de « responsable des ventes » par celle de « manager », plus « up-to-date ». Avec ça, mon salaire est enfin passé à 1650€ brut (soit 1300 net), avec 9 mois de retard. En fait, tous les ex-responsables devenus « manager » sont passés en même temps à ce salaire. Ca n’avait rien d’une promotion personnelle. (Comprendre : reconnaissance ? zéro !)

 

J’entrais également à la même époque dans mon troisième restaurant. Celui où j’allais ENFIN arrêter de faire 40h par semaine pour des prunes et reprendre des horaires normaux, 10 mois après mon embauche, soit un peu plus de 170 heures supplémentaires gratuites plus tard. Là, tout a été presque idyllique pendant quelques mois. Un cadre de travail agréable… si on ferme sur les yeux sur des détails de finition des locaux comme une clim’ défectueuse (36°C en salle en juillet) ou des toilettes pas finies. Si je fais l’impasse sur les embrouilles qui sont arrivés aux autres mais qui ne sont pas le sujet de ce blog. Si j’oublie l’organisation toujours aussi laborieuse de la gestion interne des différents restaurants. En fait était-ce vraiment si idyllique ? Enfin bref, pour ma part, on ne me reprochait rien, je suppose que j’étais dans ma période « piédestal ».

Et je pouvais être sur un piédestal ! Ma foi un pigeon pareil qui ne se plaint jamais, moi je me serais auto-décrétée employée en or !

 

Puis un jour, sans doute qu’il fallait trouver un responsable à charger, c’est sur moi que c’est tombé.

 

A suivre… !

Commenter cet article

Caroline 17/06/2010 12:18



Fabuleux les promesses jamais tenues ! De mon côté, à chaque embauche, j'en suis arrivée à ne plus croire un traitre mot à leur blabla et leurs promesses. Et ca marche, j'ai toujours raison !!!


Un conseil qu'un senior avait donné lors d'une formation : essayer au maximum de discuter salaires avec ses collègues. Pas facile...