Ai-je le choix des pilules ou les pilules du choix?

Publié le par Sen

pilules-du-choix.jpgUne petite allusion à Matrix pour une petite réflexion sur les chemins qui s’offrent à moi.

 

Choisir, c’est en partie être libre. J’ai beaucoup aimé cette période après l’obtention de mon CAP cuisine parce que j’ai travaillé pendant environ 1 an d’une façon qui peut s’apparenter au « freelance » d’autres professions. J’ai cumulé des missions d’intérim avec des extras et je savais qu’à tout moment, la décision me revenait à moi seule. J’ai CHOISI d’aller travailler ou non tel ou tel jour, j’ai choisi à quel endroit, j’ai choisi quand arrêter d’aller travailler dans un lieu qui ne me convenait pas.

Cette situation a aussi été possible parce qu'il y avait du travail à foison dans la restauration. J'ai pris le temps, en toute liberté, d'explorer le secteur.


Si je veux être honnête, je dois bien admettre que mes plus mauvaises expériences ont toujours été lorsque j’étais employée. Cette impression d’être prisonnière, d’être en cage, d'être à la merci de la première fantaisie hiérarchique sans avoir son mot à dire... J’étais très heureuse d’aller travailler dans ce restaurant de grand hôtel pendant longtemps et c’est justement quand j’y ai signé un CDI que j’ai eu envie de m’enfuir en courant, ce que j’ai fait au bout de 2 mois, pour un autre job. Il faut dire que les conditions n’étaient plus les mêmes.

Cela ne signifie pas forcément que je ne suis pas faite pour être employée, mais sans doute que j’ai besoin d’un certain type d’environnement, moins contraignant, dans un cadre et une organisation moins « classiques » que le 8h-18h pointés avec présence avérée sur son lieu de travail avec ses tâches invariablement identiques chaque jour…

 

Si je dois travailler avec ou pour des gens, alors le lien qui m’unit à ses gens est important. La confiance est primordiale, le respect aussi. C’est mon côté Honneur Médiéval . Parmi mes expériences passées, je garde en mémoire des gens avec qui je ne travaille plus aujourd’hui mais pour qui j’ai beaucoup de respect et de sympathie (là, je citerais avec plaisir M. Dominique Frérard, Chef du restaurant du Sofitel Vieux Port) et il y en a d’autres que trouve méprisables et petits (et là, comme le dit le moine du Nom de la Rose, il est pieux et charitable de taire leurs noms). Et ce dernier cas est pour moi un cas de divorce. Je ne peux ni être épanouie dans mes fonctions ni faire semblant de l’être avec des gens qui se comportent à mes yeux de façon méprisable. Quel genre de respect et de crédit peut-on accorder à quelqu’un qui n’est pas capable – ou qui ne VEUT pas - appliquer à lui-même ce qu’il exige des autres ?

 

Mais liberté rime souvent avec précarité. Eh oui, on ne peut pas tout avoir! Cependant "liberté" peut aussi rimer avec "propre activité". Alors...

 

Je vais revenir un peu plus sérieusement sur certaines hypothèses que j’avais émises dans un article précédent :

 

Sur le principe, créer ma propre activité me séduit beaucoup. Notamment depuis que le statut d’auto-entrepreneur a rendu la chose plus facile et moins stressante, du moins pour démarrer. Dans la réalité, j’ai pour l’instant un problème d’idée de génie  Je peux me faire plaisir autant de temps que je voudrais, mais si je décide que cette activité est la bonne et que je mise tout dessus, il serait intéressant que cela me permette de vivre.

 

Trouver un emploi, dans un des secteurs qui m’intéressent (culture, tourisme, développement local, communication & écriture…). Celà peut aussi être une solution, et je suis sur ce sujet bien plus ouverte qu’auparavant. Je ne recherche pas forcément un CDI, ni un temps plein, ni un salaire de ministre (et Dieu sait s’ils sont bien payés !). Un temps partiel ou des missions ponctuelles peuvent par exemple me permettre de coupler un emploi avec une autre activité (la création de la mienne ou bien une activité artistique par exemple).

 

Me lancer dans une activité artistique parait bien plus fou. Pourtant, je ne peux nier que cela fait partie aussi de mes envies. Je dois l’assumer, ce n’est pas une idée plus stupide qu’une autre ! A moi de trouver un moyen de la rendre éventuellement réalisable.

 

Je n’arrive décidément pas à choisir. C’est sans doute trop tôt. Mais c’est sans doute aussi qu’il n’existe pas de choix idéal et que me connaissant, je dois secrètement être en train d’espérer qu’il s’en impose à moi un tout beau, tout évident et tout tracé. HA-HA-HA, je ris !

Chacune des envies que j’ai aujourd’hui en condamne au moins une autre.

 

Ai-je le choix de ne pas choisir ?

Puis-je raisonnablement (encore cette foutue raison !) envisager de ne pas choisir ?

Est-il matériellement possible de morceler toutes mes envies et de les satisfaire toutes un peu simultanément ?

Est-ce-ce qu’à faire toutes les choses à moitié on ne finit pas par en faire aucune correctement ?

 

En même temps j’ai toujours eu tendance à croire jusqu’à maintenant que dans la vie on devait choisir UNE voie. Qu’on devait s’y tenir et y adhérer à 200%. Sans regarder à côté. Marcher droit devant, avancer. Ne pas se laisser distraire. On n’est pas là pour regarder les vitrines, hein !

 

Mais finalement,

QUI a décidé ça ?

Pourquoi la vie ne pourrait-elle pas être multiple ?

Pourquoi une seule voie et une seule activité devrait définir qui on est ?

Et si ce qu’on faisait ne définissait justement pas forcément qui on est pour autant ?

 

Z'avez 4h. Et pas de pause pipi avant la fin de la première heure.

 

PS : Je précise à mes aimables lecteurs que durant la rédaction de cet article aucune des pilules de la photographie d’illustration n’a été ingérée. Ni par l’auteur, ni par son chat. Nous allons tous deux très bien !

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Tita 11/06/2010 12:44



Pour participer à ta réflexion, j'ajouterai que "ne pas choisir" c'est aussi faire un choix :-)



Sen 11/06/2010 16:09



Effectivement Tita (merci de ton passage ici!!), le non-choix n'existe pas, c'est intrinsèquement un choix! Restera à savoir si il est pertinent ou pas...!
dur, dur...