Journal de guerre

Publié le par Sen

Précédemment dans « Il faut que ça sorte ! » :

Jeudi 17 août 2006
 : jour funeste où j’apprends que le coût de ma formation ne peut pas être pris en charge par les ASSEDIC (Cf Episode 22).
Les jours suivants : Après avoir complètement pété un câble puis ensuite repris mes esprits, je commence à réfléchir aux solutions qui s’offrent à moi. Ma colère étant restée intacte mais le mode « réflexion » de mon cerveau ayant été reconnecté, j’opte pour la guerre au bulldozer et fait la liste de toutes les personnes ou organismes qu’il me paraît pertinent de contacter, et ce avec deux objectifs : alerter d’une part sur l’absurdité et l’injustice de la situation et essayer d’autre part de trouver une solution afin de maintenir mon inscription au lycée hôtelier, par un financement miracle ou par l’autofinancement.


Lundi 21 et mardi 22 août 2006 : A ce jour, 14 courriers ont été envoyés, par Email ou par voie postale, afin de trouver une solution. Parmi les destinataires, le Président du Conseil Régional, celui du Conseil Général, le Maire de Marseille, mon député de circonscription, ma conseillère ANPE, les ASSEDIC, le GRETA, la Fédération départementale des Métiers de l’Hôtellerie restauration, ou encore la Présidence de la République et le Premier Ministre (Je me doute bien que ces deux derniers ne feront pas grand chose, mais ça a au moins le mérite de les informer de ce qu’il se passe, en bas…). Ne m’arrêtant pas en si bon chemin, je préviens également les médias, d’audience locale voire nationale, presse écrite, radio ou télévisée. J’y ajoute quelques contacts de journalistes que je connais personnellement puis envoie par mail ma lettre à une quarantaine de médias. Pour finir, je repère quelques associations spécialisées dans la lutte contre le chômage et la précarité et leur transmets également mon courrier. Ce qui nous porte le nombre de personnes alertées à environ 60.
Je ne suis pas très fière de moi, mais pour pouvoir faire tout ceci avec l’urgence que ma situation implique, je ne suis pas allée travailler lundi, prétextant des maux de ventres nocturnes intempestifs… ce qui n’a malheureusement pas été très loin de la vérité, conséquence du stress de ces derniers jours.

Mercredi 23 août 2006 : Mes démarches donnent leurs tout premiers fruits. Ma conseillère ANPE me confirme qu’elle ne me lâche pas et me prépare un courrier de recommandation afin d’appuyer mon entrée en formation auprès du lycée. Mes contacts journalistiques persos m’ont répondu et ils vont faire leur possible pour relayer l’information dans leur propres médias voire ailleurs aussi. C’est encore maigre, mais si peu de temps après l’envoi de mes courriers, c’est déjà ça.

Jeudi 24 août 2006 : Le premier « VIP » de ma salve de courrier à donner une réponse est la Région. J’ai effectivement reçu un très long mail du cabinet du Président qui a visiblement lu avec beaucoup d’attention ma lettre longue de deux bonnes pages. Ayant directement visé la politique de discrimination positive utilisée dans le choix du financement des candidats, la Région s’est donc sentie obligée de justifier sa position et ses choix, forcés par les transferts de compétences opérés de l’Etat vers les collectivités. Déplorant tout de même ma situation, le cabinet du Président s’est proposé d’intervenir en ma faveur auprès du centre de formation, lundi dès leur retour de vacances, afin qu’ils acceptent le cas échéant un autofinancement de ma part.

Vendredi 25 août 2006 : Aujourd’hui je ne travaille pas… Mais c’est normal et prévu cette fois. Sur la demande de ma conseillère, je me rends dès 9h à l’ANPE du Pharo, spécialisée dans le secteur de l’hôtellerie Restauration à Marseille. J’y rencontre une nouvelle conseillère qui me confirme après moult tentatives et vérifications qu’il n’y a aucun moyen « normal » de financer ce fichu coût résiduel. Lorsque nous nous quittons finalement, elle me dit qu’elle ne serait pas étonnée que je trouve ce financement vu toute l’énergie que j’ai déployée. Puisse-t-elle être devin !!!
Plus tard, en fin d’après-midi, trois autres réponses à mes courriers me parviennent. L’une, par Email vient d’une des associations de lutte contre le chômage qui me répond qu’elle va voir ce qu’elle peut faire pour moi puis me recontacter, une deuxième, encore par Email, provient du Premier Ministre qui botte en touche et transmet au Préfet de Région et la dernière enfin arrive par téléphone, de la part de M6 Marseille (le décrochage local des informations). Là, une journaliste de la rédaction me dit qu’elle a bien reçu mon courrier, qu’ils reviennent tout juste de vacances et que les infos reprendront lundi soir. Elle me propose donc de parler de mon sujet dès lundi en conférence de rédaction ainsi que de transmettre également l’info en direct à un journaliste de sa connaissance à « La Provence ». Le sujet n’étant pas simple à traiter en télé sur un format de 1 minute 30, elle ne me garantit pas qu’il sera retenu, mais elle me tiendra au courant.
 
Lundi 28 août 2006 : Après un week-end décompressant, reprise des hostilités. Comme prévu, je me rends au lycée hôtelier à la première heure, avant d’aller travailler. Je me dirige donc jusqu’au bureau de la formation continue et y retrouve la coordinatrice du GRETA que j’avais vu pour la dernière fois lors de mon entretien, le 7 juillet dernier. Je suis apparemment la première à me manifester, mais il y a fort à parier que je ne serai pas la dernière, vu qu’en un quart d’heure, elle avait déjà reçu le coup de fil d’une autre candidate. Résultat de l’entrevue : elle ne fléchit pour l’instant toujours pas sur l’autofinancement, m’encourage à poursuivre mes démarches et à revenir la semaine prochaine pour mon inscription administrative, comme si tout se déroulait normalement. Elle a émis l’hypothèse de me faire passer tout de même sur les places « moins de 25 ans » du Plan Régional de Formation, toutefois sans succès garanti. En dernier recours, elle m’a proposé de m’engager dans un contrat de professionnalisation, rattaché au lycée hôtelier, mais sachant que cette solution n’est pas aussi bien que suivre la formation classique…
J’ai donc du repartir sans réponse concrète et définitive, une fois de plus. Mais avec le sentiment tout de même qu’une solution peut être trouvée.
Sur le chemin du retour, un message des ASSEDIC m’attendait sur mon répondeur : ils ont bien reçu mon courrier qui a été transmis à la « cellule PARE », compétente pour traiter mon problème. (Si mes souvenirs sont bons, PARE signifie Plan d’Action pour un Retour à l’Emploi)

Pas d’autre nouvelle dans la journée. Je scrute mon téléphone, checke ma boite aux lettres et mes mails 50 fois par jour… C’est long et stressant !

Commenter cet article

Céline aka VPS 29/08/2006 19:01

Tu es une killeuse, Sen ! Respect !

Sen 30/08/2006 09:18

Merci à tous pour votre soutien et vos encouragements, vous ne pouvez pas savoir à quel point ça me touche et ça me donne la pêche pour continuer de me battre! Je ne désespère pas de voir une solution se présenter, mais l'attente et le doute sont pénibles!Je continue mon "journal de guerre" et vous informe des avancées!

4largo 29/08/2006 11:32

Une telle motivation ne peut qu'être entendue, je te félicite pour cette tenacité. Encore bravo. Continue à nous tenir au courant.

Daenaria 29/08/2006 11:02

Je dis "chapeau" pour tant de démarches, longues et stressantes, j'espère que ta motivation sera récompensée et je te souhaite bon courage! Je croise les doigts pour toi ^ ^

Corinne 29/08/2006 10:06

Quand le Tsunami Sen se met en marche, ça décoiffe ! Bravo ! Je te soutiens toujours à 100 %. Courage, courage... :-)PS : merci pour ton vote pour mon blog.