Episode 19 : Mon entretien au lycée hôtelier

Publié le par Sen

Alors voilà. Ca y est, ma part de travail est terminée, j’ai maintenant fait tout ce qui était en mon pouvoir dans cette aventure. La suite qui y sera donnée ne m’appartient plus. Mais j’ai hâte d’être fixée, l’attente sera dure !

Comme prévu, je me suis rendue au lycée hôtelier pour 16h30, heure à laquelle j’avais rendez-vous pour mon entretien. Le bus est à l’heure, j’ai même un peu d’avance, c’est exactement ce qu’il faut. Je me dirige donc vers le lycée calmement, en prenant mon temps. Que cet endroit est agréable, ça change du quartier où je bosse en ce moment et même de mon propre quartier. Ici nous sommes dans le sud de la ville. Les rues sont de larges avenues qui ne sont pas jonchées de détritus en tous genres, l’espace est dégagé, il y a de la verdure partout et on entend les cigales. Bref, on respire !
Un panneau m’indique la direction à suivre pour me rendre à l’entretien. Je descends un escalier et me retrouve en bas de l’amphithéâtre où je me trouvais lundi matin pour la réunion d’information. La porte est ouverte, le candidat précédent est encore là, il a l’air d’attendre. Il me dit que la coordinatrice de la formation est partie répondre au téléphone et qu’une autre personne est en entretien. Effectivement j’entends dans le couloir les bribes d’une conversation téléphonique. Je me poste donc dans le hall et attends mon tour. En face de moi un panneau situé à côté d’un ascenseur détaille les étages. Rez-de-chaussée : Boutiques, 1er étage : Restaurant Gastronomique, 2ème étage : Restaurant-Brasserie, 3ème étage : Hôtel. Après un bon quart d’heure, une autre candidate arrive. Nous sommes les deux dernières de la journée. Puis , enfin, la conversation téléphonique se termine ! Nous sommes alors entraînées vers l’amphithéâtre où nous prenons place devant deux fiches à remplir, l’une purement administrative et l’autre étant le fameux test écrit de recrutement. Pendant ce temps, le candidat précédent partait à son tour en entretien. Je ne m’étends pas ici sur le test, je vous laisse le découvrir en exclusivité et dans son intégralité en bas d’article !

Lorsque la deuxième candidate part en entretien, je me mets à discuter avec la coordinatrice de la formation. La question du financement de la formation revient de nouveau sur le tapis. Je lui explique avec assurance mes nombreuses démarches ainsi que tout ce qui m’a été dit ces derniers jours. Elle me répond que j’ai de la chance d’avoir eu ce type de réponse car ce n’est pas le cas de tous les candidats. De fil en aiguille, elle m’explique encore la répartition des places dans la formation et là je comprends un nouvel aspect des choses qui m’avait échappé jusqu’à maintenant. Reprenons : 7 places sont réservées aux jeunes de moins de 25 ans sans qualifications, mais concernant les 7 autres places, accessibles aux Congés Individuels de Formation, aux RMIstes ou aux demandeurs d’emploi, tout le monde n’est pas placé sur un pied d’égalité ! En effet, je réalise que la Région, qui prend intégralement en charge la formation pour 7 bénéficiaires, paye la formation au centre à son prix fort, tout comme les RMIstes avec le Conseil Général, tout comme les personnes en Congés Individuel de Formation avec le FONGECIF ! Mais pas comme les personnes prises en charge par les ASSEDIC !!
Il faut en effet considérer d’une part la prise en charge du coût de la formation pour le bénéficiaire par un organisme quelconque, mais considérer aussi d’autre part le paiement du coût de la formation reversé au centre, c'est-à-dire au lycée ! Et dans le cas d’une personne prise en charge par les ASSEDIC, le lycée n’est pas payé autant que par la Région ou le FONGECIF, ce qui rend à leurs yeux les candidats « ASSEDIC » indésirables et non prioritaires puisque représentant un manque à gagner ! C’est sur cette nouvelle inquiétante qu’elle ajoute alors qu’elle a déjà reçu 8 dossiers de demande de CIF pour la rentrée. Calculant mentalement à la vitesse de l’éclair je lui réponds que c’est donc foutu pour les demandeurs d’emploi, il n’y a déjà plus de places disponibles ! En fait, il subsiste deux espoirs : le premier repose sur l’ouverture potentielle d’un deuxième groupe, dont la demande a été faite et dont la réponse devrait intervenir la semaine prochaine. Cela permettrait de recruter 10 à 12 personnes supplémentaires. D’autre part, rien ne garantit que les 8 dossiers de demande de CIF soient tous acceptés, les réponses n’ayant à ce jour pas encore été rendues…

Sur ce, l’entretien précédent se termine et le professeur de cuisine nous rejoint. D’après ce que j’ai pu comprendre, beaucoup des personnes passées cet après-midi sont admissibles, dont la jeune fille passée avant moi (si tu nous regardes… !!). La coordinatrice lui dit d’un air mi-amusé, mi-réprobateur : « C’est bien, t’as bien travaillé cet après-midi ! Tu nous as recruté tout le monde ! Où on va les mettre tous ces gens ? »
Je suis finalement le professeur vers une salle où nous nous installons face à face. Il a en main ma fiche, mon test écrit ainsi que la candidature écrite que j’avais envoyée au GRETA début mai. Rien de bien surprenant dans cet entretien, je présente mon parcours, j’explique pourquoi je suis ici aujourd’hui et quel est mon projet. Le contact est détendu et agréable, souriant. Ayant pris soin d’amener avec moi un CV actualisé où figure mon stage en restaurant gastronomique, je lui tends. Ma démarche d’EMT et mon stage font leur petit effet, c’est incontestablement un point en ma faveur. J’explique ce que cette expérience m’a apporté puis il reprend ensuite mon test écrit. Apparemment mes réponses sont satisfaisantes. Je lui apprends même selon ses propres mots qu’un commis de cuisine gagne au moins 1358 € brut, soit le SMIC hôtelier ! Il me pose la question classique du « où vous voyez-vous dans 5 ans ? », « quelle est la situation idéale, votre rêve ? » Je lui réponds que j’aimerais bien avoir un jour mon propre établissement dont je serais le Chef et dans lequel j’aurais réussi à imposer ma propre personnalité culinaire à travers une carte originale, créative et savoureuse…. Ou quelque chose dans ce goût là ! 5 ans me paraissent courts pour en arriver là, mais il faut dire que je suis tellement habituée à la galère et aux rêves inaccessibles que j’ai du mal à me faire à l’idée que dans la restauration on a la possibilité d’évoluer rapidement. Je pose à mon tour quelques questions sur l’organisation de la formation, les modules, les stages… La formation s’organise sur un mode proche de l’alternance, avec quelques semaines en cours puis en entreprise. Afin d’être réellement évaluable, on doit rester au minimum 8 semaines sur 14 dans un même établissement et un passage dans un restaurant de collectivité est obligatoire. Chose inhabituelle pour moi, ce n’est pas au stagiaire de dénicher son entreprise, le lycée « place » ces élèves en fonction de leur profil en essayant de trouver l’établissement qui leur convient le mieux ! Démarche intéressante. Enfin, ayant déjà un niveau supérieur au bac, je serai dispensée des modules d’enseignement général ce qui me permettra de renforcer apparemment ma pratique. En effet, les élèves dispensés sont généralement replacés dans d’autres groupes techniques et pratiques à la place des enseignements généraux et peuvent ainsi renforcer leur apprentissage.

J’ai donc quitté le lycée en cette fin d’après-midi sur une impression assez agréable, celle d’avoir fait un entretien que je pense réussi. Finalement la réponse concernant l’admissibilité devrait intervenir assez rapidement dans le courant de la semaine prochaine, par courrier, avant la fermeture estivale du lycée. Ensuite, ce sont les effectifs et les financements qui feront malheureusement la différence…


« Jouons ensemble ! »

N’ayant moi-même pas réussi à trouver sur le web d’exemples concrets de ce type de test ou même d’exemples de questions posées, je le fais ici, ça servira peut-être à certains visiteurs intéressés par le même type de parcours que moi !
Pour tous, si ça vous dit, donnez vos propres réponses ici, je vous donnerai les miennes ! Mais ne trichez pas, hein ! Pas de recherche intensive sur le web !!


Le test écrit :

- Désignez 4 termes qui définissent pour vous la cuisine :

 - Dans l’histoire de la gastronomie française, citez 3 grands chefs :

- Dans quel type d’établissement souhaiteriez vous travailler ?

 - Citez la ou les contraintes du métier :

- Combien d’après vous gagne un commis de cuisine ? Et un chef ?

- Qu’est-ce qui vous fait rêver dans ce métier ?


- Composez 3 menus :

- Un menu de fête
- Un menu de cantine scolaire
- Proposez des plats pour un buffet froid sur le thème de la Provence

 

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sacafleurs 29/03/2008 21:05

Salut Sen!!!J'ai commencé à lire ton blog y'a 2 jours et j'ai pas pu le lacher et mon pc a fini par me lacher a minuit paske plus de batterie (je lisais à la fin dans mon lit!).Je me suis completement retrouvée dans ton "aventure", surtout celle avec Stephanie D. En fait j'ai fait un programme en ESC, en commerce à l'international et j'ai passé 2 ans en Angleterre. J'ai fini "en beauté" à Londres dans une boite d'évènementiel qui bosse en partenariat avec les salons professionels francais. Bien sur ct mon stage de fin d'etudes, le truc ke tu soutiens, l'étape ultime avant la delivrance apres 4 ans d'etudes! Et bien sur je suis tombée sur une maniaque exactement comme Stephanie D. si bien ke moi aussi je rentrais chez moi et je passais mes soirées à pleurer, et je partais le matin la peur au ventre rien qu'à l'idée de la voir... Un peu comme toi j'ai eu 3 semaines de répit quand elle est partie en vacances et j'ai pu respirer. Mais je te comprends tres bien kan tu disais ke tu craignais le moment où elle allait revenir... Moi pareil. Et j'ai aussi pensé à quitter ce stage à la c** mais j'ai pris sur moi et je l'ai finalement fini. Ca ct en Septembre dernier. Apres j'avais pour projet de partir en tant ke fille au pair en Allemagne pour 6 mois maniere que je maitrise l'anglais et l'allemand pour mon futur job. Mais autre precision, j'ai fait un emprunt pour financer mes etudes dc impossible de partir sans avoir assez d'argent pour payer mon emprunt pendant ke je serai en Allemagne. Donc j'ai bossé Novembre et Decembre en interim (Octobre j'ai bossé sur ma soutenance et j'ai postulé à des jobs que j'ai bien sur pas eu), un mois en tant que manutentionnaire, et décembre chez Avenance. Et c la que j'ai rencontré des gens vraiment super, pas prise de tete comme la plupart de ceux qui bossent dans les bureaux (et ke j'ai pu juske la rencontrer) et qui aiment ce qu'ils font meme si les horaires ne sont pas la panacée... (rien a voir avec celle dont tu parles dans le gastronomique mais pas loin). Le pire c'est que j'ai failli remettre en cause le fait d'etre au pair rien qu'avec ces personnes et parce que l'ambiance etant vraiment geniale. Bref la je suis en Allemagne mais je me demande si je ne vais pas moi aussi recadrer ma carriere... Mon pere compte monter son restaurant dans un an (il n'est pas du tout du monde de la cuisine lui non plus mais il a fait pas mal de recherche sur le net et c'est lui ki a trouvé ton blog et m'a ensuite passé l'adresse) et je me demande si je ne vais pas faire un CAP cuisine pask'apres tout, la cuisine c'est vraiment ce ke j'aime... Pour resumer, ton blog m'aide beaucoup, y'a bcp d'info super utiles, et j'en suis k'au debut (me tarde de lire kan tu es en au lycée!).Allez, je vais donner mes reponses et j'espere ke tu me donneras aussi les tiennes! ;)-Designer 4 termes qui definissent pour vous la cuisine: je suis pas sure de comprendre totalement la question, je dirais magique, excitante, difficile, qui représente un challenge.-Dans l'histoire gastronomique francaise, citez 3 grands chefs: Ducasse, Loiseau-Dans quel type d'etablissement souhaiteriez-vous travailler? Gastronomique je pense, apres Avenance, paske la "cuisine" chez Avenance, c relatif...-Citez la ou les contraintes du metier: des horaires variables et contraignantes, un salaire peu élevé, des activités pénibles nécessitant une bonne santé-Combien gagne d'apres vous un commis de cuisine? Tu donnes deja la reponse! J'aurais dit dans les 1300€ net. Et un chef? 1600€ net.-Qu'est ce qui vous fait rever dans ce metier? Rever c'est un bien grand mot, je parlerais plus de passion pour la bonne cuisine, celle qui a du gout, que l'on peut savourer les yeux fermés et l'envie de faire partager cela et ma passion avec des gens tout en pouvant en vivre.-Un menu de fëte: Petits fours; soufflé au Comté et sa salade aux noix (fruits secs et huile); Gigot d'agneau, pates maison aux champignons et ses girolles sauvages; Fondant au chocolat et sa quenelle de glace à la noisette.
-Un menu de cantine scolaire: Entrée (Crudités/ Assiette de charcuterie/ ); Cuisse de poulet/ Steak haché; Haricots verts/ Pommes de tarre; Assiette de fromage/ Yaourt/ Patisserie.-Proposez des plats pour un buffet froid sur le thème de la Provence: Piperade, toast de fougasse et sauce tomate provencale (avec ail et herbes de provence), ratatouille froide, salade de tomates et feuilles de basilic, pain d'épices.Heureusement ke t'as pas donné de limite de temps! Mes reponses sont pas super mais j'ai pas triché! ;)Encore merci pour ton super blog,Sacafleurs

jacqiueline k. 11/07/2006 10:20

Je trouve le parcours drôlement dur. cette année ..Ton blog va être utile à plus d'un,    riche idée.A bientôt.

SB 10/07/2006 14:52

salut sen,
ça fait un petit mois que je suis tes aventures presque tous les jours, je te souhaite vraiment que toute cette affaire se termine bien! un jour tu regarderas derrière toi et cette mutation douloureuse t\\\'apparaîtra comme le meilleur choix de ta vie! si, si!
en tout cas merci de la partager avec nous, avec autant d\\\'humour en plus!
pour ma part j\\\'arrive tout juste au moment où un gros doute m\\\'envahit quant à mon choix de travailler dans le milieu culturel... le jour ou j\\\'en aurais vraiment marre, j\\\'espère que j\\\'aurai ton courage et ta persévérance.  c\\\'est difficile de quitter un domain sur lequel on a tout miser, et vu ton parcours le plus dur resterait à faire!!
bon courage, et amitiés!
SB

Sen 11/07/2006 09:15

Salut!Merci pour ton commentaire SB et bienvenu(e?) sur mon blog! Merci aussi pour tes encouragements. Tu as raison, moi aussi je suis de plus en plus sûre que plus tard je ne regretterai pas de choix. C'est la décision et la mutation qui sont difficiles, parce que celà n'implique pas seulement un "simple" changement de situation professionnelle mais un véritable bouleversement dans un parcours de vie.Je serais bien en peine d'oser te donner le moindre conseil quant à les doutes à travailler dans le secteur culturel.... Sache juste que l'important est de ne pas avoir de regrets. Pour ma part j'estime avoir fait tout mon possible pour essayer d'avoir la vie que je voulais dans la culture et je suis sûre aujourd'hui que je ne l'obtiendrai jamais. Mais nous ne recherchons pas forcément la même chose! Ce qui est certain, c'est que c'est une voie difficile.En tout cas je te remercie de ta fidélité et te dis à bientôt pour de nouvelles péripéties!!Sen