Episode 9 : L'aventure de la SSII

Publié le par Sen

Une candidature parfaite pour un transfert de compétences, mais un entretien et une situation bien étranges… Caramba ! Encore raté ! Ce sera pour la prochaine…

En décembre 2005, lorsque j’étais encore en accompagnement, j’ai postulé à une offre de chargé de communication en AFPE auprès d’une agence ANPE et ma candidature avait été transmise à l’employeur, dont je ne connaissais pas l’identité. L’AFPE signifie Action de Formation Préalable à l’Embauche, soit 6 mois de formation rémunérée par les ASSEDIC aux mêmes conditions qu’au chômage, puis embauche, normalement prévue en CDI.

Et bien, il s’agissait en fait d’une jeune entreprise de développement en informatique qui vend ses services et ses compétences à d’autres entreprises. Elle était composée de 2 associés. C’est l’un des associés qui m’a rappelée vers la fin du mois, quelques jours avant Noël, avec mon CV sous les yeux et nous avons déjà discuté assez longuement au téléphone. Malheureusement, déception dès les premières minutes : la première chose qu’il m’a dite était que l’entreprise déménageait dans une ville du Sud Ouest ! Ma première réaction a été de me dire que c’était dommage mais que c’était foutu : je n’allais pas aller là bas alors que je venais d’emménager en Méditerranée et que mon copain ne suivrait pas. C’est là que les choses ont commencé à être étranges, car j’avais plus l’impression que la personne à convaincre c’était moi et non l’employeur !

 

Mais le départ de la société vers une ville lointaine n’a pas été la seule chose négative ou étrange. En fait, la société, en plein développement, était en train, avec un 3ème associé, de monter une nouvelle société qui deviendrait peu à peu indépendante de la première - si j’ai bien tout compris. Malgré les explications, j’avoue que tout ne m’est pas apparu extrêmement clair. Alors est-ce moi qui ne comprends pas bien ou est-ce eux qui ne s’expliquent pas très clairement ? La société (ou les 2 plutôt !) envisageait de prendre 3 personnes, 2 en AFPE et 1 en CIE qu’ils souhaitaient garder tous (si tout se passait bien, bien entendu).

Concernant la formation, j’aurais eu, en tant que chargée de com, à apprendre à maîtriser pas mal de choses en informatique (intranet, sites web, logiciels de gestion de relations clients…) afin de pouvoir expliquer à des clients et pouvoir répondre à toutes sortes de questions, donc beaucoup de théorique et un peu de technique aussi (j’aurais appris à faire un site Internet moi-même par exemple). Le rôle du chargé de com ne me paraissait pas encore très bien défini ; je me disais que c’était sûrement du au fait que tout débutait plus ou moins et que les rôles et missions étaient appelés à s’affiner au fur et à mesure en fonction des compétences des gens et des besoins… Il y avait aussi un aspect commercial évident : l’associé avait parlé de se constituer un « portefeuille de clients » à gérer de façon autonome à terme. Il avait aussi dit qu’il était nécessaire de s’immerger complètement au moins le temps de la formation dans le Sud Ouest, mais qu’une fois opérationnelle, on pourrait très bien envisager que je travaille sur le secteur où je réside et donc que je travaille de chez moi la plupart du temps. Vu sous cet angle, passer la semaine à 400 km pendant quelques mois était un sacrifice envisageable, dans la mesure où ça vaudrait le coup par la suite.

 

Au terme du premier entretien par téléphone, j’ai donc dit que j’allais réfléchir et rappeler très vite afin de se rencontrer éventuellement avant Noël (la société déménageant dès début janvier dans le Sud Ouest !). Je me suis finalement dit que je ne risquais pas grand-chose à aller à l’entretien et que ça me permettrait d’avoir plus d’éléments pour décider. Je m’y suis donc rendue le mercredi 21 décembre.

Cet entretien en face à face n’a vraiment pas été conventionnel du tout ! Il a eu lieu dans un tout petit appart d’une célèbre station balnéaire méditerranéenne où la boite avait installé son siège social. Nous étions 5. Les 2 associés de base et le 3ème « greffé » qui était là (surprise : il est allemand !) et une autre jeune fille de mon âge qui était en entretien juste avant mon arrivée et qui a un Master en technologies de l’information et de la communication. Apparemment ils devaient voir encore d’autres postulants mais avaient déclaré à la fin nous vouloir moi, l’autre jeune fille et un garçon qu’ils devaient encore revoir, car nous serions complémentaires…

L’entretien a débuté bizarrement, car l’associé allemand a pris connaissance de mon CV et faisait tout haut des commentaires en allemand, que je comprenais très bien d’ailleurs, alors qu’un autre associé était en train de me parler ! Du coup, c’est lui qui a plus ou moins mené l’entretien au début, car il s’est ensuite adressé directement à moi (en français cette fois, du moins la plupart du temps). En fait je ne sais pas si c’est une technique allemande, mais plutôt que de poser véritablement des questions, il faisait des commentaires, des allusions ou des remarques parfois limite moqueuses sur certaines parties de mon CV et semblait guetter mes réactions. J’ai donc répondu et argumenté voire défendu les points soulevés. J’avoue que c’était assez impressionnant au début, je ne m’attendais pas à ce type de procédé. Il a d’ailleurs ajouté des choses originales et sympathiques comme : « En Allemagne un CV comme ça, ça va pas », « Vous êtes bizarres en France » (il trouve qu’on enjolive tellement que ce n’est plus très honnête, comme par exemple  ne pas dire explicitement que telle expérience est en fait un stage et non un véritable emploi ou mettre en avant certaines choses et en « cacher » d’autres), etc, etc. J’ai même sorti quelques phrases en allemand (un comble, quand on pense que je n’ai pas été foutue d’en sortir une en anglais au téléphone avec la grande société auprès de laquelle j’avais postulé !!).

 

Je n’ai pas eu les habituelles questions sur mon parcours, finalement on ne m’a pas énormément posé de questions sur moi et on n’a même fait aucune allusion au fait que je quittais complètement le domaine culturel en faisant ça… Vraiment très étrange, cet entretien. Encore une fois j’ai eu l’impression que l’associé que j’avais eu au téléphone ne cherchait pas à être convaincu, bien moins que son collègue allemand en tout cas.

Voilà. Toujours est-il qu’il m’a dit qu’il me rappellerait très vite et que je n’étais vraiment pas sure du tout de ce que j’allais faire… Est-ce que l’aventure valait le coup d’être tentée ? J’ai oublié de préciser que, dans le Sud Ouest, les stagiaires avaient la possibilité d’être logés gratuitement, c’est un point important dans la décision.

Tout ceci était très différent de tout ce que je connaissais et pouvait m’apporter beaucoup si ça marchait, j’allais pouvoir développer des nouvelles compétences, une nouvelle expérience, certainement plus « vendeuse » pour mon CV que mon misérable secteur culturel… En même temps, il y avait une partie de « saut dans le vide » angoissante, il restait des points pas très clairs, je ne connaissais pas grand-chose de ces gens, je ne savais pas si ça allait me plaire vraiment, si j’allais y arriver… Quitte à aller passer autant de temps dans le Sud Ouest, autant que ce ne soit pas pour rien ! Pourquoi les choses ne pouvaient-elles pas être simples ? Pourquoi la boite n’était-elle pas restée en Méditerranée ? Le risque aurait été moins grand…

Je suis donc remontée dans le Nord pour les vacances de Noël avec cette histoire bizarre dans la tête et un choix à faire… Sauf que le choix a été grandement facilité par le fait qu’ils ne m’ont jamais rappelée après ! Comme quoi ! C’était bien la peine de me faire croire que j’étais définitivement parmi les candidats retenus ! De toute façon, je n’ai au final pas vraiment eu de regrets, dans la mesure où je ne m’étais jamais réellement sentie à l’aise dans cette histoire. Bon… et bien je vais vraiment trouver autre chose !

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