Episode 7 : Bilan de cette première expérience

Publié le par Sen

J’ai été sacrément déçue, ça c’est clair. J’avais si hâte d’aller bosser après la fin de mes études ! J’étais tellement enthousiaste, motivée et en même temps pleine d’idéaux et de naïveté ! J’avais le sentiment heureux d’accomplir ma vocation et de m’apprêter à travailler toute ma vie dans un secteur noble et passionnant. On est vraiment trop bête des fois.

 

Tout ce positivisme a été sérieusement entamé au cours de ces deux dernières années. J’ai sacrément déchanté sur la culture en général, sur le développement culturel en milieu rural en particulier ; sur les élus aussi et leur seul et unique but qui régit toute décision : être réélu. Du coup, toute action en faveur de la culture doit être mille fois expliquée et justifiée et bien que l’intérêt ne soit jamais vraiment complètement perçu, les résultats surtout doivent être visibles à court terme… A terme de mandat. On met des paillettes par-ci, des pots et des discours m’as-tu-vu par là en négligeant trop souvent le fond et donc les moyens, humains, matériels et financiers, qui devraient aller avec. Et puis tout est remis en question à chaque élection. On fait, défait et refait. Ca n’a décidément pas de sens et quel gaspillage!

Et puis avec le secteur culturel il se passe un truc vraiment pervers et salaud : les employeurs savent pertinemment que les gens qui choisissent cette voie sont des « passionnés » et beaucoup en profitent honteusement pour les presser comme des citrons jusqu’à l’épuisement (surtout nerveux). Ben oui, quand on est passionné, on ne compte pas ses heures, on bosse en plus le soir, le week-end, on ne travaille pas pour gagner de l’argent (ben non, on vit d’amour et d’eau fraîche bien entendu !) et surtout, surtout, on ne se plaint jamais, on n’a pas le droit : travailler dans un secteur « passion » est déjà sensé être un privilège merveilleux alors on la ferme et on subit. Sauf que la passion je l’ai vue s’émousser chez tout le monde en 2 ans. Les plus âgés sont aigris, ne croient plus en ce qu’ils font, soupirent avant même de commencer à penser un projet parce que ce à quoi ils pensent en premier c’est à la quantité d’obstacles hallucinante à dépasser et qui nécessite un gaspillage d’énergie énorme en regard du malheureux résultat qu’on obtiendra peut-être !

Et désillusions et déconvenues ne vont pas sans mal. En grande idéaliste que je suis, j’ai été très atteinte - psychologiquement tout d’abord - par ce que je dois appeler du harcèlement moral de la part de Stéphanie D. puis par l’ambiance et les conditions de travail globalement très mauvaises que j’ai vécues durant ces deux années. J’ai vécu sous le stress, l’anxiété, la colère et la frustration quotidiennement durant une grande partie de mon contrat et ça laisse malheureusement des traces. Et c’est sur ce sentiment amer et une fatigue nerveuse assez importante que j’ai finalement quitté mon poste, soulagée mais atteinte.

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écrivaine à l\\\\\\\\\\\\\\\'essai 14/12/2006 21:08

Humm ,tu peux pas savoir à quel point ce que tu écris me parle.
J'ai découvert que tout se passe pour le mieux tant que tu restes à ta place et que surtout tu ne demandes rien ,le fait qu'un événement majeur vient changer ta vie ou que tu partages pas toutes les idées de la boîte dans laquelle tu es n'entrent pas en ligne de compte.
Vive la démocratie!!! et je passe sous silence le plafond d'avancement de salaire au bout de 8ans d'activité ce qui fait que tu sais qu'à 32 ans tu n'aura plus d'augmentation de salaire et comme tu viens de t'apercevoir du manque total de souplesse sur une demande insignifiante...