Episode 3 : Des bas, puis des hauts... puis des bas!

Publié le par Sen

Où j'essaye de faire contre mauvaise fortune bon coeur, où certaines choses vont... et d'autres vraiment pas!

Par chance, l’ogresse était enceinte (qui avait bien pu avoir l’idée saugrenue de se reproduire avec elle ?) et partait en congé maternité à la fin du mois. Son départ était à double tranchant : je n’irais plus travailler chaque matin avec une boule dans le ventre, je cesserais d’avoir peur qu’elle me tombe dessus à chaque instant… Mais j’étais toujours aussi seule et démunie face à un travail pour lequel j’avais besoin régulièrement de conseils ou d’aide sur la manière de faire les choses… J’ai donc du développer un sens aigu de la débrouillardise afin que les choses se fassent, que les dossiers avancent et qu’il y ait le moins de boulettes possible dans mes démarches. En d’autres termes, un stress quotidien pour qui a le souci de bien faire son travail. J’ai souvent utilisé cette métaphore : on m’a jetée seule au beau milieu d’une piscine (d’eau froide !) sans se soucier de savoir si je savais réellement nager. On a juste vaguement vérifié que je connaissais quelques mouvements.

 J’ai eu champ libre pendant 4 mois, jusque mai. Durant cette période, j’ai peu à peu pris de l’assurance, j’ai apprécié la plupart des choses que j’ai pu faire. J’ai proposé et mis en œuvre un plan de communication notamment. Je me suis aperçue que j’aimais beaucoup cette partie du travail. J’ai pris plaisir à rédiger un dossier de presse. J’ai commencé à me sentir en voie d’épanouissement dans mon travail. J’avais 24 ans, je travaillais, j’étais indépendante, j’aimais ce que je faisais, j’habitais une ravissante petite maison (merci les loyers abordables des petites villes de province!), ma famille et mes amis n’étaient jamais loin, je goûtais une liberté revigorante après m’être séparée de mon copain avec qui ça n’allait plus et je me satisfaisais de mon salaire (il était plutôt bas par rapport à mon niveau de qualification, mais je ne pouvais raisonnablement pas espérer beaucoup mieux en tant que débutante). Ma vie était exactement comme je voulais qu’elle soit.

 Pour l’heure, au moment où tout commençait à aller pour le mieux, « elle » est revenue. Elle a attendu quelques jours durant lesquels Julie et moi avons presque cru que la maternité l’avait transformée. Elle ne parlait que de sa fille et prétendait avoir du mal à revenir travailler. Et puis un beau matin, elle veut me parler en particulier, elle a des remarques à me faire. Et re belote. Ce n’est que le début d’une longue série de reproches et réflexions désagréables sur mon travail. Elle s’évertue à prétendre qu’elle me propose son aide, son soutien méthodologique et que moi je ne sais pas travailler en équipe, que je refuse son aide, que je ne fais aucun effort… Mais quels efforts ? Je ne comprends pas ce qu’elle attend de moi les 9/10e du temps… Ca va trop loin. Je suis anéantie.

 On est en juillet, la manifestation sur laquelle j’ai bossé va commencer et je pars en congés juste après. Je vais rejoindre mon nouveau chéri à Rome ! Des vacances de rêve. C’est le moment d’oublier ne serait-ce que temporairement cette situation qui me pourrit littéralement la vie. Mais ça a tout de même hanté une bonne partie de mes vacances, surtout vers la fin. Je savais ce qui m’attendait quand je reviendrais… Quand je suis revenue au boulot, fin août, j’avais pris la veille au soir la décision de présenter ma démission. J’en étais sure, il fallait que je m’en aille, pour ma santé nerveuse surtout. Je sentais que je ne tiendrais pas. Mais je prenais aussi une décision dangereuse ; on ne peut pas démissionner comme ça, il faut une raison, et dans ce pays, une raison n’est bonne que dans quelques cas : il me fallait un autre emploi ou démarrer une formation. Je n’avais ni l’un ni l’autre. Si je partais, je ne toucherais donc aucune indemnisation de chômage, plus un centime d’Euro pour vivre, du jour au lendemain. Et tout ça en grande partie à cause d’une moitié de psychopathe incapable de vivre en bonne entente avec ses congénères, surtout féminins semble-t-il. Ce matin là, en entrant dans le bureau, je me sentais plus sereine, presque soulagée, malgré la voix de ma mère qui résonnait dans ma tête. J’avais appelé mes parents la veille pour leur faire part de mon intention et de mon état, mais je n’ai pas reçu beaucoup de compréhension. Un salaire et un travail, même mauvais, valent mieux qu’un chômage sans solde. Et puis c’est la raison – ou la résignation – qui ont gagné… Je suis restée. Stéphanie D. avait manifestement pris le parti de ne plus m’agresser. C’était même très étrange, elle était presque aimable par moments. Qu’avait-il bien pu se passer ? Elle avait sans doute besoin de moi. Cette fille ne sait qu’utiliser les gens. Alors j’ai poursuivi mon travail, l’automne s’est même plutôt bien passé, l’hiver est arrivé, je poursuivais encore. Si je n’ai plus jamais subi d’agressions majeures, c’était tout de même trop tard, j’avais été très atteinte, le mal était fait.

 

 

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antoine 04/05/2006 13:53

ouiap c'est pas toujours facile. je vais conseillé ton blog à une copine qui est loin d'avoir tes qualification mais qui se dope au lexomile dés que quelqu'un lui met la pression. triste réalité du travail