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Lecture et musique du moment

 


Un des petits livres, issu de la collection futile mais fondamentale "On n'est pas des gourdes", dont l'auteur n'est autre que Juliette (voir lien sur l'image) et qui m'a fait l'honneur de me proposer de participer à son ouvrage en publiant 3 extraits de mon propre blog! Illustré par d'autres extraits de bloggeurs sujets au changement de vie, il est à mon avis fort utile à quiconque se pose des questions sur sa vie!! Je compte maintenant m'attaquer à "Comment tout gérer sans péter un câble", du même auteur! ;-)))

 


2ème volet d'une trilogie en 5 volumes fort réjouissante... Je ne veux même pas en dire plus! Na!


Divers

 

A vous de jouer

Samedi 8 juillet 2006

Alors voilà. Ca y est, ma part de travail est terminée, j’ai maintenant fait tout ce qui était en mon pouvoir dans cette aventure. La suite qui y sera donnée ne m’appartient plus. Mais j’ai hâte d’être fixée, l’attente sera dure !

Comme prévu, je me suis rendue au lycée hôtelier pour 16h30, heure à laquelle j’avais rendez-vous pour mon entretien. Le bus est à l’heure, j’ai même un peu d’avance, c’est exactement ce qu’il faut. Je me dirige donc vers le lycée calmement, en prenant mon temps. Que cet endroit est agréable, ça change du quartier où je bosse en ce moment et même de mon propre quartier. Ici nous sommes dans le sud de la ville. Les rues sont de larges avenues qui ne sont pas jonchées de détritus en tous genres, l’espace est dégagé, il y a de la verdure partout et on entend les cigales. Bref, on respire !
Un panneau m’indique la direction à suivre pour me rendre à l’entretien. Je descends un escalier et me retrouve en bas de l’amphithéâtre où je me trouvais lundi matin pour la réunion d’information. La porte est ouverte, le candidat précédent est encore là, il a l’air d’attendre. Il me dit que la coordinatrice de la formation est partie répondre au téléphone et qu’une autre personne est en entretien. Effectivement j’entends dans le couloir les bribes d’une conversation téléphonique. Je me poste donc dans le hall et attends mon tour. En face de moi un panneau situé à côté d’un ascenseur détaille les étages. Rez-de-chaussée : Boutiques, 1er étage : Restaurant Gastronomique, 2ème étage : Restaurant-Brasserie, 3ème étage : Hôtel. Après un bon quart d’heure, une autre candidate arrive. Nous sommes les deux dernières de la journée. Puis , enfin, la conversation téléphonique se termine ! Nous sommes alors entraînées vers l’amphithéâtre où nous prenons place devant deux fiches à remplir, l’une purement administrative et l’autre étant le fameux test écrit de recrutement. Pendant ce temps, le candidat précédent partait à son tour en entretien. Je ne m’étends pas ici sur le test, je vous laisse le découvrir en exclusivité et dans son intégralité en bas d’article !

Lorsque la deuxième candidate part en entretien, je me mets à discuter avec la coordinatrice de la formation. La question du financement de la formation revient de nouveau sur le tapis. Je lui explique avec assurance mes nombreuses démarches ainsi que tout ce qui m’a été dit ces derniers jours. Elle me répond que j’ai de la chance d’avoir eu ce type de réponse car ce n’est pas le cas de tous les candidats. De fil en aiguille, elle m’explique encore la répartition des places dans la formation et là je comprends un nouvel aspect des choses qui m’avait échappé jusqu’à maintenant. Reprenons : 7 places sont réservées aux jeunes de moins de 25 ans sans qualifications, mais concernant les 7 autres places, accessibles aux Congés Individuels de Formation, aux RMIstes ou aux demandeurs d’emploi, tout le monde n’est pas placé sur un pied d’égalité ! En effet, je réalise que la Région, qui prend intégralement en charge la formation pour 7 bénéficiaires, paye la formation au centre à son prix fort, tout comme les RMIstes avec le Conseil Général, tout comme les personnes en Congés Individuel de Formation avec le FONGECIF ! Mais pas comme les personnes prises en charge par les ASSEDIC !!
Il faut en effet considérer d’une part la prise en charge du coût de la formation pour le bénéficiaire par un organisme quelconque, mais considérer aussi d’autre part le paiement du coût de la formation reversé au centre, c'est-à-dire au lycée ! Et dans le cas d’une personne prise en charge par les ASSEDIC, le lycée n’est pas payé autant que par la Région ou le FONGECIF, ce qui rend à leurs yeux les candidats « ASSEDIC » indésirables et non prioritaires puisque représentant un manque à gagner ! C’est sur cette nouvelle inquiétante qu’elle ajoute alors qu’elle a déjà reçu 8 dossiers de demande de CIF pour la rentrée. Calculant mentalement à la vitesse de l’éclair je lui réponds que c’est donc foutu pour les demandeurs d’emploi, il n’y a déjà plus de places disponibles ! En fait, il subsiste deux espoirs : le premier repose sur l’ouverture potentielle d’un deuxième groupe, dont la demande a été faite et dont la réponse devrait intervenir la semaine prochaine. Cela permettrait de recruter 10 à 12 personnes supplémentaires. D’autre part, rien ne garantit que les 8 dossiers de demande de CIF soient tous acceptés, les réponses n’ayant à ce jour pas encore été rendues…

Sur ce, l’entretien précédent se termine et le professeur de cuisine nous rejoint. D’après ce que j’ai pu comprendre, beaucoup des personnes passées cet après-midi sont admissibles, dont la jeune fille passée avant moi (si tu nous regardes… !!). La coordinatrice lui dit d’un air mi-amusé, mi-réprobateur : « C’est bien, t’as bien travaillé cet après-midi ! Tu nous as recruté tout le monde ! Où on va les mettre tous ces gens ? »
Je suis finalement le professeur vers une salle où nous nous installons face à face. Il a en main ma fiche, mon test écrit ainsi que la candidature écrite que j’avais envoyée au GRETA début mai. Rien de bien surprenant dans cet entretien, je présente mon parcours, j’explique pourquoi je suis ici aujourd’hui et quel est mon projet. Le contact est détendu et agréable, souriant. Ayant pris soin d’amener avec moi un CV actualisé où figure mon stage en restaurant gastronomique, je lui tends. Ma démarche d’EMT et mon stage font leur petit effet, c’est incontestablement un point en ma faveur. J’explique ce que cette expérience m’a apporté puis il reprend ensuite mon test écrit. Apparemment mes réponses sont satisfaisantes. Je lui apprends même selon ses propres mots qu’un commis de cuisine gagne au moins 1358 € brut, soit le SMIC hôtelier ! Il me pose la question classique du « où vous voyez-vous dans 5 ans ? », « quelle est la situation idéale, votre rêve ? » Je lui réponds que j’aimerais bien avoir un jour mon propre établissement dont je serais le Chef et dans lequel j’aurais réussi à imposer ma propre personnalité culinaire à travers une carte originale, créative et savoureuse…. Ou quelque chose dans ce goût là ! 5 ans me paraissent courts pour en arriver là, mais il faut dire que je suis tellement habituée à la galère et aux rêves inaccessibles que j’ai du mal à me faire à l’idée que dans la restauration on a la possibilité d’évoluer rapidement. Je pose à mon tour quelques questions sur l’organisation de la formation, les modules, les stages… La formation s’organise sur un mode proche de l’alternance, avec quelques semaines en cours puis en entreprise. Afin d’être réellement évaluable, on doit rester au minimum 8 semaines sur 14 dans un même établissement et un passage dans un restaurant de collectivité est obligatoire. Chose inhabituelle pour moi, ce n’est pas au stagiaire de dénicher son entreprise, le lycée « place » ces élèves en fonction de leur profil en essayant de trouver l’établissement qui leur convient le mieux ! Démarche intéressante. Enfin, ayant déjà un niveau supérieur au bac, je serai dispensée des modules d’enseignement général ce qui me permettra de renforcer apparemment ma pratique. En effet, les élèves dispensés sont généralement replacés dans d’autres groupes techniques et pratiques à la place des enseignements généraux et peuvent ainsi renforcer leur apprentissage.

J’ai donc quitté le lycée en cette fin d’après-midi sur une impression assez agréable, celle d’avoir fait un entretien que je pense réussi. Finalement la réponse concernant l’admissibilité devrait intervenir assez rapidement dans le courant de la semaine prochaine, par courrier, avant la fermeture estivale du lycée. Ensuite, ce sont les effectifs et les financements qui feront malheureusement la différence…


« Jouons ensemble ! »

N’ayant moi-même pas réussi à trouver sur le web d’exemples concrets de ce type de test ou même d’exemples de questions posées, je le fais ici, ça servira peut-être à certains visiteurs intéressés par le même type de parcours que moi !
Pour tous, si ça vous dit, donnez vos propres réponses ici, je vous donnerai les miennes ! Mais ne trichez pas, hein ! Pas de recherche intensive sur le web !!


Le test écrit :

- Désignez 4 termes qui définissent pour vous la cuisine :

- Dans l’histoire de la gastronomie française, citez 3 grands chefs :

- Dans quel type d’établissement souhaiteriez vous travailler ?

- Citez la ou les contraintes du métier :

- Combien d’après vous gagne un commis de cuisine ? Et un chef ?

- Qu’est-ce qui vous fait rêver dans ce métier ?


- Composez 3 menus :

- Un menu de fête
- Un menu de cantine scolaire
- Proposez des plats pour un buffet froid sur le thème de la Provence

 

 

Par Sen - Publié dans : Saison 1 - Mon parcours, mon histoire
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Mardi 4 juillet 2006

C’est pas clair leur truc, mais alors pas clair du tout…
Depuis mon coup de colère d’hier, j’ai préféré me laisser la soirée et la nuit pour me calmer avant d’agir, c’était plus prudent. Ce matin j’ai donc foncé à l’ANPE avant d’aller au boulot pour avoir leur version des faits. Pas de chance, la conseillère que j’ai vue jusque là n’est pas disponible. Tant pis, ça urge, il faut que je voie quelqu’un quand même, avant l’entretien de vendredi avec le GRETA.
Je suis donc reçue par une nouvelle conseillère à qui j’expose ma situation et mes inquiétudes. Pour elle, point de problème, c’est normal :

 Les ASSEDIC ne financent plus de formation pour cette année, il n’y a plus de crédits c’est pour cela que les demandes faites depuis avril sont toutes refusées. Les éventuels nouveaux fonds ne seront connus, affectés et disponibles officiellement qu’à partir du 1er août prochain. La formation CAP Cuisine du lycée hôtelier fait partie du plan régional de formation, à ce titre les ASSEDIC sont les co-financeurs de la Région et acceptent de compléter le coût de la formation. Le métier de cuisinier étant « en tension », la reconduction des financements pour ce type de formation ne devrait pas poser de problème. Certains autres GRETA de la région ont à ce jour déjà eu leur accord sur les mêmes formations, celui de Marseille devrait suivre. Allez à votre entretien et revenez faire un dossier de demande de prise en charge de la formation après le 1er août, une fois que vous saurez si vous êtes admise par le lycée hôtelier.

Pour vérifier, elle appelle tout de même le GRETA mais n’arrive pas à joindre le responsable. Ce sera donc à moi de le faire. Je repars un peu soulagée mais méfiante, j’ai bien l’intention de vérifier cette histoire auprès de plusieurs sources.

J’appelle donc le responsable de la formation GRETA, le même qui tenait des propos alarmistes hier à la réunion et lui récite ce que la conseillère ANPE vient de me dire. Je retranscris notre entretien de façon aussi nébuleuse que je l’ai perçu :

Oui… alors… peut-être… si ils le disent…. M’enfin on a eu ici une circulaire de l’ASSEDIC qui était pourtant claire concernant le financement des formations individuelles... Le public région est prioritaire… il y a la pression des effectifs… Venez à votre entretien, si vous être motivée il n’y a pas de raison pour que ça se passe mal… demandez un devis, on vous le fera et puis on verra bien si ça passe…. On attendra jusqu’au 1er août…. Peut-être qu’on aura la possibilité d’ouvrir un deuxième groupe si on a les financements… (tiens, ça c’est nouveau !)

En fait, comme d’habitude, j’ai un peu l’impression que personne ne sait rien en fin de compte. C’est bien mignon mais on joue quand même avec des enjeux importants dans nos vies quand on fait ce type de démarche et personnellement je n’ai pas envie d’être ballottée de oui en non et en peut-être jusqu’au mois d’octobre !

Du coup, troisième mesure : joindre directement les principaux concernés : les ASSEDIC. Re-pas de chance, on est le 4, en début de mois joindre les ASSEDIC relève du jeu de hasard. Solution de repli : le mail, où j’explique le plus clairement et synthétiquement possible mon problème. Je reçois une confirmation d’envoi qui me promet une réponse « dans les 2 jours ouvrés », soit avant jeudi soir. J’ai hâte…

Dernière carte : appeler directement la direction de la formation et de l’apprentissage à la Région pour avoir leur version des faits. J’ai bien fait. Ils s’expriment clairement et confirment ce que je commençais à discerner enfin.

Les établissements sont en train de savoir ces jours-ci le nombre de places qui leur est accordé. Sur les 28 places accordées à priori en CAP Cuisine et Pâtisserie, 14 seront réservées effectivement à un public de moins de 25 ans sans qualifications et les 14 autres sont ouvertes aux demandeurs d’emplois et autres congés individuels de formation. La région finance à 100 % la formation des moins de 25 ans mais finance une partie des 14 autres places…

…ce qui explique le co-financement des ASSEDIC et le coût dérisoire des 1100 €. Dans la mesure où la Région est co-financeur de la formation, les ASSEDIC ne devraient pas avoir de problème pour suivre, d’autant plus que j’ai des droits ouverts jusqu’en 2008 et que mon statut de CAE me prédispose aux actions de formation.

Nous y sommes. Il semblerait que j’ai enfin quelque chose qui tienne la route. Ce matin la conseillère ANPE a laissé entendre que la tirade du responsable du GRETA était peut-être destinée à éprouver la motivation des, il est vrai, très nombreux candidats présents à la réunion… Après tout, qui sait ? Tous les moyens sont bons pour faire une sélection, l’expérience me l’a déjà montré. Mais bon, combien de gens auront comme moi refusé de se résigner et essayé d’en savoir plus ?

En tout cas maintenant, prochaine étape : l’entretien, vendredi…

 

Par Sen - Publié dans : Saison 1 - Mon parcours, mon histoire
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Lundi 3 juillet 2006

Assedic : 1 – Sen : 0

Je savais bien quand j’ai fêté mes 26 ans qu’il n’y avait pas vraiment de quoi se réjouir… mais à quel point je ne le mesurais pourtant pas. C’est l’âge fatidique à partir duquel on a intérêt à avoir une petite vie bien établie et à être sur le bon chemin car passé ce seuil fatidique, on ne peut plus faire grand chose pour vous. Vais-je devoir subir toute ma vie les conséquences d’un mauvais choix sans rien pouvoir y changer ?

Ce matin, je suis allée comme prévu à la réunion d’information organisée par le GRETA au lycée hôtelier sur les CAP Cuisine et Pâtisserie. Je m’installe donc dans un grand amphithéâtre moderne pour ne pas dire neuf, à l’image de ce lycée tout entier, imposant et rutilant en dépit de ses 20 ans d’existence, déjà. Je constate avec un certain regret égoïste que l’amphithéâtre est déjà bien rempli : zut, ça fait autant de candidats pour un nombre de places réduit. Puis la réunion commence.
Le responsable de la formation pour adultes prend la parole et, avec un air contrit, préfère commencer par annoncer les mauvaises nouvelles. Le nombre de places cette année devrait s’élever à 28, soit 14 en cuisine et 14 en pâtisserie. Jusque là, pas de mauvaise surprise, je le savais déjà plus ou moins. La suite est beaucoup plus inquiétante : il présente le programme régional de formation, dont ce CAP fait partie, et annonce que la moitié de l’effectif est réservée au public prioritaire ciblé par le Conseil Régional, soit les jeunes de moins de 25 ans, sans qualifications. Bon, c’est sur c’est pas drôle, mais il reste encore 7 places, qui reviennent normalement de droit aux demandeurs d’emploi et aux congés individuels de formation. Et c’est là que tombe LA nouvelle du jour : il paraîtrait que depuis avril 2006 les ASSEDIC ne prennent plus aucune action de formation individuelle en charge. 

Alors là effectivement je commence à voir rouge, d’autant plus que l’ANPE est parfaitement au courant de mon projet de reconversion depuis un moment et qu’il me semble que me dire ce genre de chose relève de leur travail. Les seuls à pouvoir tirer leur épingle du jeu sont les RMIstes qui peuvent déposer un dossier auprès du Conseil Général qui lui a choisi d’aider cette fange-ci des gens dans la merde. Une fois le ton donné, je sens bien que dans la salle, tout le monde a fait « arrêt sur image » sur cet aspect des choses et se fout pas mal du reste. En effet, à quoi bon discuter d’une formation à laquelle on n’est même plus sûr de pouvoir accéder ? Je me retourne et évalue la foule : je crains que les gens présents ici soient peu à avoir moins de 25 ans. En même temps c’est logique, on est là pour intégrer une formation « pour adultes », pas pour « jeunes sortis de la scolarité. », la république française a un truc merveilleux pour ça qui s’appelle « l’école » ; quand on en sort qu’est-ce qui empêche d’y retourner ? Mais je suppose que l’on doit une fois de plus l’idée merveilleuse d’intégrer les jeunes sortis de la scolarité aux formations pour adultes du GRETA à des histoires de sous… On croit faire d’une pierre deux coups alors qu’on exclut une bonne partie du public à qui sont initialement destinées ces formations.

Que l’on veuille aider les jeunes en difficulté d’insertion, je n’y vois bien entendu aucun inconvénient, mais qu’on en ait une vision aussi réductrice et exclusive me pose un problème. Il devrait être rentré dans les esprits que les jeunes en difficulté aujourd’hui ne sont pas seulement ceux qui n’ont pas de qualifications ! Le mouvement des stagiaires de Génération Précaire me semble en être l’exemple le plus flagrant : diplômés, compétents, une situation instable, pas de véritable statut, ni de salaire et ce souvent à 25 ans largement passés ! De plus, fait inadmissible qui n’ a pas manqué d’énerver passablement l’auditoire : l’année dernière sur les 14 élèves en CAP pâtisserie, 7, soit la moitié de l’effectif, ont déclaré forfait en cours d’année !! Et savez-vous ce qu’il advient des financements dont bénéficiaient ces personnes ? Et bien ils sont tout bonnement perdus !!! C’est une honte… Manifestement on regarde l’âge et la situation scolaire des candidats avant de mesurer la profondeur de leur motivation, c’est déplorable.

D’ailleurs, la salle s’échauffe quelque peu et quelques personnes présentes ne manquent pas de dénoncer avec l’énergie du désespoir cette nouvelle injustice. Le responsable du GRETA a l’air sincèrement ennuyé et déplore cette décision de l’UNEDIC, ce qui nous console à peine et nous fait une belle jambe. Moi je ne dis rien, je suis déjà en train de réfléchir à toute vitesse. Il faut trouver une solution. Ca ne va pas se passer comme ça. Ca ne PEUT pas se passer comme ça. Je n’ai pas fait tout ce chemin pour rien, je ne suis pas allée travailler gratuitement le soir et le week-end en plus de mon boulot actuel pour m’entendre dire que je dois attendre d’être au chômage puis au RMI pour pouvoir prétendre à quelque chose. Autre précision utile : il est vain de prétendre à la formation si l’on se propose de la financer soi-même, le lycée ne l’accepte pas, principalement pour des questions d’éthique, facilement compréhensibles.

Ce pays est tout de même hallucinant : il fustige l’assistanat tout en l’encourageant de fait !! Je suis en situation précaire, je le sais, je mets tout en œuvre pour éviter de me retrouver une fois de plus au chômage, de sombrer dans l’inutilité sociale et de vivre aux crochets de la société et on me répond : attendez d’être au chômage puis au RMI puis revenez nous voir, on fera PEUT-ÊTRE quelque chose pour vous !!!! Je ne suis ni une économiste ni une grande gestionnaire mais il me semble qu’il coûterait moins cher à la société de me payer une formation de 8 mois à 1100 € afin d’intégrer une profession où le chômage n’existe pas, plutôt que de continuer à me payer au SMIC jusqu’à la fin de mon contrat (c’est l’Etat qui me paye par l’intermédiaire du CNASEA), puis d’enchaîner avec les ASSEDIC pendant des mois et des mois, non ???

Au bout d’une heure, la réunion s’achève et nous sommes invités à aller nous inscrire pour les entretiens de motivation. Pour le CAP Cuisine ce sera vendredi 7 juillet, comme prévu. Seulement je ne suis pas prête d’avoir les résultats : à cause des questions de prises en charge financière de la formation aucune réponse définitive ne pourra être donnée avant début septembre, ce qui me laisse une courte marge pour démissionner et commencer les cours début octobre, si j’ai trouvé une solution entre-temps au souci du financement, bien entendu. Je suis donc convoquée vendredi à 16h30. Je repars avec mon bout de papier mais j’en ai gros sur le cœur. En repassant dans l’amphithéâtre, je vois une des personnes intervenantes, travaillant à la Mission Locale. J’en profite pour demander confirmation de ce dont je me doutais déjà : oui, je suis trop vieille et non, je ne suis pas éligible. S’entendre dire à 26 ans qu’on est « trop vieille »… Ce pays marche vraiment sur la tête.

Seule lueur d’espoir : me renseigner sur les contrats de professionnalisation, ouverts aussi bien aux jeunes de moins de 25 ans qu’aux adultes demandeurs d’emploi. Il s’agit d’un système d’alternance entre école et entreprise que le lycée hôtelier assure. Il me resterait alors à trouver un employeur… ce qui risque de s’avérer tout de même ardu dans la mesure où l’employeur qui embauche en contrat de professionnalisation une personne de plus de 25 ans est obligé de le rémunérer au minimum au SMIC. Les plus jeunes revenant moins cher, je risque ENCORE de me heurter à leur concurrence…

La semaine va donc être bien remplie :

- Engueuler l’ANPE
- Me renseigner sur le contrat de professionnalisation
- Engueuler l’ANPE
- Avoir confirmation auprès des ASSEDIC de leur non-prise en charge du coût de la formation
- Engueuler l’ANPE
- Commencer éventuellement à prospecter pour trouver un employeur si le contrat de professionnalisation d’avère une solution intéressante et réalisable

Par Sen - Publié dans : Saison 1 - Mon parcours, mon histoire
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