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Lecture et musique du moment

 


Un essai-pamphlet sur l'avenir auquel est promis l'humanité au regard de la façon dont l'Homme vit sur la planète, c'est à dire AUCUN! Pas très optimiste, certes, mais tellement pertinent! Par Yves accalet, philosophe et scientifique qui a travaillé auprès du Commandant Cousteau pendant 15 ans.

   

Toujours dans le psyché! L'album des mythiques "Somebody to Love" et "White Rabbit"!

 

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L’auteur / Le blog



Pseudo
 : Sen
Age : 27 ans

Création : 27 avril 2006

Le genre
: récit et partage d’expérience autour de la construction de la vie professionnelle.

Résumé des épisodes précédents: Après des études dans le secteur culturel dans lequel j’ai travaillé pendant environ 3 ans, j’ai claqué la porte, fatiguée et usée par les conditions difficiles et les opportunités très limitées que m’offrait ce métier. J’ai alors décidé de tout recommencer de zéro dans la restauration, en allant passer un CAP Cuisine ! C’est principalement mon parcours professionnel de « jeune débutante », de la sortie des études à aujourd’hui que je raconte sous forme d’épisodes dans ce blog et que je souhaite partager avec vous.

Samedi 8 mars 2008

…Ou comment mettre en application « travailler plus pour gagner plus », cumuler deux jobs, ne plus rien faire d’autre que travailler et dormir et ensuite tomber malade.

Grosse semaine pour Sen. Enfin, surtout au début. Cette semaine mon contrat en intérim à la cuisine centrale dont je parlais dans mon article précédent a été renouvelé, mais cette fois à temps complet. La semaine dernière je ne travaillais que les matinées au service des régimes particuliers, mais la personne que je remplaçais a repris son poste. On m‘a toutefois proposé de revenir, mais à la production principale de la cuisine, ce que j’ai accepté. Mes horaires, donc, étaient 7h30 / 15h30 du lundi au vendredi. Formidable. On se lève tôt le matin, mais la journée étant finie tôt, ça me laisse de temps de travailler ma musique chez moi l’après-midi, et en plus j’ai mes soirées et mes week-ends !
Sauf que juste avant de commencer ma semaine réjouissante, l’un des restos où je fais des extras m’a appelée pour me proposer de me prendre toute la semaine ! Dommage, mais je travaille déjà tous les jours, je réponds. Mais de fil en aiguille, on me propose de venir travailler après la fin de mon premier job et de faire 17h / 23h. …Ce que j’ai accepté, mais pour deux jours seulement, lundi et mardi (j’ai quand même senti venir le truc ingérable et me suis dit d’emblée que jamais je ne tiendrai une semaine entière à ce rythme).

Je me suis donc levée lundi et mardi matin à 6h, pour me coucher 18h plus tard avec pour seul repos réel (hors temps de pause-repas sur mon lieu de travail) un rapide passage chez moi entre mes deux jobs. Si mon travail consistait à rester assise derrière un bureau, ça n’aurait pas été un tel défi pour moi (je l’ai un peu vécu comme ça, j’avoue) ; mais une journée de travail dans une cuisine centrale, c’est verser des gros bacs de légumes dans des cuviers de la taille d’une baignoire par dizaines, c’est sortir des kilos de viande d’une sauteuse géante en une seule fois avec un genre d’écumoire géante elle aussi (tout est format « géant » dans une cuisine centrale). C’est remuer dans la même journée 1 tonne de choux fleurs et autant de béchamel qu’on a préparé dans de grandes cuves de 300 litres avec une spatule tellement grande qu’on s’en sert comme d’une rame et à deux mains… Bref, c’est physique. Alors rajouter encore une soirée de travail derrière, c’est pas si facile à encaisser. Pour le faire, je me suis fermement accrochée à l’idée que j’allais payer mon billet d’avion pour la Norvège (où je vais pour un festival dans quelques semaines !) en deux jours et qu’il me suffisait de tenir jusqu’à mercredi 15h30, où j’aurais enfin le temps de faire une sieste chez moi pour récupérer un peu.
C’était malheureusement compter sans l’imbrication perfide d’un ensemble de facteurs indésirables comme un léger mal de gorge, le levé du Mistral et sa perte en température de 10°C en une journée et le manque de sommeil. Résultat : à partir de mercredi j’ai commencé à être franchement  malade et j’ai eu toutes les peines de monde à finir ma semaine, surtout qu’à l’intérieur de la cuisine centrale, la température avait suivi le même processus qu’à l’extérieur et qu’on travaillait dans un froid et des courants d’air que même la chaleur dégagée par le fonctionnement de 5 sauteuses géantes, 3 grosses cuves et quelques fours n’arrivait pas réellement à compenser.

Alors, au final, que dire de cette expérience ? Je suis contente de l’avoir fait, car j’ai pu voir par moi-même à quel point c’était difficile. Je me suis demandé quelle était la proportion de gens qui faisaient ça régulièrement en France et si ils y étaient obligés financièrement pour réussir à boucler leur budget ou nourrir une famille… J’ai bien sûr pensé aux Etats-Unis où ce genre de pratique est très courante. J’ai aussi pensé à des gens qui brassent de l’air dans des bureaux ou se fendent de temps en temps d’un « casse-toi connard » et qui empochent ce que j’ai gagné péniblement en deux jours en à peine quelques heures… peut-être même minutes !
Enfin, je comprends mieux maintenant pourquoi on a progressivement réduit le temps de travail journalier légal, surtout lorsque la pénibilité physique de la tâche est élevée. Nos ancêtres avaient de très bonnes raisons de mourir beaucoup plus jeunes que nous !

Conclusion : moi je préfère de loin gagner peut-être un peu moins, mais réduire mes besoins d’autant, car « travailler moins, c’est avant tout vivre plus ! ». Si je devais être obligée de cumuler deux jobs de façon régulière pour réussir à survivre, c'est-à-dire juste pour assurer un toit au dessus de ma tête, me nourrir et payer mes factures alors je crois que j’y mettrais fin. Survivre, ce n’est pas vivre et ça ne vaut pas le coup.

 


Samedi 23 février 2008
Allez, en ce moment, c’est la fête à l’article de blog ! En même temps, il se passe un peu des choses, alors autant les raconter, puisque ce blog est fait pour ça !

Je vous parlais dans mon précédent article de ma lassitude par rapport à l’un des deux restos où j’ai l’habitude de travailler en extra depuis quelques mois maintenant. M’étant inscrite en intérim début janvier, j’ai ENFIN commencé à travailler avec eux cette semaine, où je n’avais pas d’extras de prévu. Je me doutais bien que ça allait me changer, mais en même temps, j’aime le changement et les nouvelles découvertes, donc…

…donc j’avais rendez-vous cette semaine à 8h dans une cuisine centrale de Marseille. Pas exactement n’importe laquelle, mais LA cuisine centrale qui prépare les 17 000 repas pour les enfants des écoles municipales de Marseille. Gros dépaysement, rien à voir avec le gastronomique, ou même avec la restauration commerciale traditionnelle. Autant être clair : ça ressemble plus à une usine qu’à une cuisine ! J’avais vraiment l’impression d’être employée dans une centrale nucléaire ou quelque chose comme ça !
Allez, je vous raconte mon arrivée par le menu, car ça vaut le jus ! Je suis venue avec ma propre tenue, mais « INUTILE ! », me coupe-t-on immédiatement. La tenue complète est fournie, de la veste au pantalon en passant par les bottes en caoutchouc. Tout est blanc, immaculé. Juste le logo discret de l’entreprise sur la veste fait presque tache ! Pour circuler dans les locaux extérieurs à la cuisine, je dois également porter une grande blouse par-dessus ma veste de cuisine, qui doit restée protégée… euh, de tout contact avec l’extérieur, car l’extérieur est sale ! Une fois aux portes de la cuisine, attirail supplémentaire : je cache mes cheveux sous une charlotte en espèce de filet toile d’araignée, je mets un masque en papier sur le nez et la bouche et je passe mes pieds dans une machine qui va laver mes bottes ! Et enfin, une fois à l’intérieur de la cuisine, je complète ma tenue de cosmonaute par un tablier en plastique, des manchons en plastiques jusqu’au coudes et des gants en caoutchouc, que je change régulièrement, tout comme les masques de visage. Je pense que tout ce qui dépasse de ma personne doit se résumer à mon cou et mes yeux !

Toutefois, passé le côté usine aseptisée, cette mission est vraiment intéressante car je suis affectée à un service bien particulier, celui de la préparation et du conditionnement des repas des enfants à régimes particuliers, c'est-à-dire allergiques, diabétiques, en surpoids… Je ne dis pas que je passerai ma vie à faire ça, mais en tout cas un peu de changement et la découverte d’un nouveau type de restauration ne sont pas pour me déplaire. Il s’agit d’un travail tout particulièrement délicat car il faut être extrêmement méticuleux et rigoureux dans la préparation des repas car la moindre erreur pourrait causer de gros problèmes à l’enfant qui en fait les frais… voire même pire ! Nous sommes deux dans ce service, et préparons entre 100 et 130 repas à régimes spéciaux par jour, selon le nombre d’enfants inscrits dans les cantines. Nous travaillons également en étroite collaboration avec une diététicienne qui élabore les menus et assure un contact régulier avec les écoles et les médecins des enfants concernés.

Quand je dis qu’il faut être très attentif et consciencieux, je n’exagère pas. Lorsque par exemple nous préparons des pâtes, il ne faut surtout pas les saler. Car quelques barquettes sont réservées aux régimes sans sel. Seulement une fois ces barquettes faites, nous pouvons rajouter du sel pour les autres enfants. Et une fois que les repas ont été cuisinés et mis en barquettes, il est également de notre ressort de les conditionner. Bon, là, c’est une partie charmante du travail, qui consiste à passer entre 1h30 et 2h dans une chambre froide à 3°C (rassurez-vous, je suis équipée comme pour aller au ski, avec gants, bonnet et doudoune !) et nous devons mettre dans de petits cartons les différents éléments des repas de chacun en fonction d’une petite fiche individualisée. Et là, il faut vraiment être concentré, car pas question de mettre un fromage dans le carton d’un enfant allergique au lait ! Une fois la centaine de cartons prêts, le Chef les vérifie, puis ils partiront dans les camions, par tournée, qui les distribueront dans les écoles.

Ce qui est également frappant, c’est la masse de paperasse administrative de ce service ! Pour des raisons de traçabilité ou d’hygiène, de lourdes procédures doivent être suivies et elles obligent à remplir de nombreux documents qui doivent ensuite être rangés dans d’énormes classeurs. Assez inhabituel de passer autant de temps à remplir des papiers dans une cuisine…

J’y ai donc passé 2 jours cette semaine et ma mission est reconduite la semaine prochaine. Une expérience de plus pour moi, c’est toujours bon à prendre !
Dimanche 17 février 2008
Après m’être bien énervée sur ce blog contre un des restos où j’ai l’habitude d’aller bosser, voilà que le lendemain même, l’autre resto où je vais souvent travailler aussi me donne raison et enfonce le clou !

Ce jour là, 14 février, ma journée était libre, pas d’extra de prévu. Quant au programme de la soirée, c’était normalement répét’ avec mon groupe (vu que c’était le seul soir de la semaine où je ne bossais pas)… sauf que notre guitariste s’est soudainement souvenu que c’était la St Valentin et que ça femme allait lui faire un flan si il n’était pas là. Bref. S’en est suivi toute une série de changements de programme jusqu’à ce que le resto m’appelle en début d’après-midi, manifestement sur la brèche : ils ont un malade de plus, ils aimeraient que je les dépanne ce soir. Voyons voir : je n’ai plus rien de prévu, vu que tout s’est annulé et je ne me sens absolument pas dans l’obligation de faire un diner romantique PARCE QUE on est le 14 sur le calendrier. Donc, je dis oui.

Je suis donc allée bosser de 17h à 23h30, au room-service, un soir de St Valentin (ce qu’il faut comprendre, c’est qu’on n’a pas le temps de s’ennuyer au room un soir comme celui-là, les commandes fusent). Et j’ai pas regretté, parce que à l’inverse de l’autre resto, j’ai affaire à des gens intelligents et sympas qui m’ont remercié 30 fois d’être venue à la dernière minute, qui m’ont arrondi mes heures à la hausse et… ô surprise, on m’a filé une part des pourboires de la soirée quand je suis partie !!!

Alors, je suis peut-être payée au même taux horaire ici que dans l’autre resto, mais la prochaine fois qu’ils auront besoin de moi au dernier moment, ils pourront compter sur moi ! Les autres iront se faire voir !

Accessoirement, juste pour le fun, je précise que le menu spécial Saint Valentin servi en salle coûtait 230 € par personne (boissons comprises) ! Joli, non ?


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